Terres lorraines d'Emile Moselly

Publié le par Alexandre Anizy

            Puisque nous avons célébré le talent de Maurice Genevoix, il nous paraît opportun de revenir (1) sur celui d'Emile Moselly avec Terres lorraines (en livrel gratuit de bonne facture chez Bibebook).

 

            Dans ce livre qui reçut le prix Goncourt de 1907, Moselly conte le butinage amoureux d'un modeste pêcheur buté, qui fera le malheur d'une fille sentimentale. Il pose tranquillement ses personnages dans le décor champêtre qu'il n'idéalise pas. Grâce à la fluidité de l'écriture et la richesse des descriptions, le lecteur vogue sereinement sur ses mots.

 

            « Il pouvait être sept heures du matin, en novembre. Une aube pluvieuse filtrait du ciel bas, noyait les champs d'une désolation infinie. Les chaumes grisâtres, lavés par l'automne, revêtaient la terre d'une toison hérissée, pareille à un vêtement de miséreux. La pluie cessait par moments ; alors une buée d'eau se levait des bois, dont le moutonnement ondulait dans les lointains ; puis une déchirure livide s'ouvrait au flanc des nuages ; la pluie tombait en un ruissellement de cataracte, comme si toutes les eaux du ciel s'étaient ruées par cette ouverture.» (incipit)

 

            Incontestablement, on peut classer Moselly parmi les écrivains régionalistes, dans la veine du roman rustique. Comme il fut un professeur de Genevoix au lycée Pothier d'Orléans, il n'est pas impossible qu'il lui inoculât ce virus.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) lire notre billet précédent consacré à Moselly :

http://www.alexandreanizy.com/article-a-la-decouverte-d-emile-moselly-123867793.html

 

Publié dans Notes culturelles