Sonnet pour les ouvriers de Jean Cassou

Publié le par Alexandre Anizy

En tous pays, depuis toujours, les ouvriers

meurent. Le sang des ouvriers baigne les rues.

Les ouvriers crient et tombent dans la fumée.

Le feu, le froid, la faim, le fer et la roue tuent

 

les ouvriers. En tous pays de pierres nues,

d'arbres pourris, de grilles d'hospices rouillées,

depuis toujours, par la misère des journées,

le troupeau des journées saignées et abattues...

 

Ô Dieu de justice qui régnez, non aux cieux,

mais dans le cœur de l'homme, au cœur de sa colère,

ne vous répandrez-vous donc jamais sur la terre ?

 

Seigneur des forts et de la force, ouvrez les yeux !

Les bouches sont muettes, les poings sont liés,

et la chaîne est très longue. Mais les ouvriers ?

 

 

Jean Cassou

Trente-trois sonnets composés au secret