Antidémocrate et zeste néerlandophobe, qui es-tu Daniel COHN-BENDIT ?

Publié le par Alexandre Anizy

(Cette note est la troisième consacrée au livre de Daniel Cohn-Bendit, dont le titre est « Que faire ? » - Hachette littérature, mars 2009,176 pages, 14 € -, après celles du 5 juin et du 25 juin 2009).

 

Nous ne pouvions pas y échapper : Daniel Cohn-Bendit sans le multiculturalisme, ce serait comme Michael Jackson sans "thriller, (just beat it)". Et une nouvelle fois, le bon vieux Dany fait la leçon.

Alors certains vont trinquer : « on s'est trompé en analysant les Pays-Bas comme une société ouverte. C'est en réalité une société indifférente. (...) un pilier protestant, un pilier catholique, qui s'ignorent l'un l'autre. » (Page 113) « les Pays-Bas ne représentent pas l'échec du multiculturalisme, mais l'échec du refoulement du multiculturalisme. C'est une société d'indifférence. » (Page 114)

Parce que c'est bien connu, tous les Allemands s'intéressent, même à Francfort, au sort des travailleurs turcs, Dany fait partie de « ceux qui pensent que s'invente aujourd'hui un islam européen ». Nous donne-t-il quelques exemples de cette gestation ? Que nenni.

Il y a dans ces propos comme un zeste néerlandophobe. On savait depuis notre note du 11 juin 2008 « Irlande : Daniel Cohn-Bendit n’aime pas la démocratie » qu’il se rangeait du côté républicain (lire la note du 29 mai 2007 sur « la haine de la démocratie » de Jacques RANCIERE: avec le temps, ça ne s’arrange pas.

 

Concernant la Turquie, il chante la ritournelle des eurocrates : « Néanmoins la question de l'entrée de la Turquie ne se posera concrètement que dans une dizaine d'années à une Union Européenne qui aura elle-même changé. De nombreuses raisons économiques et géopolitiques plaident pour cette adhésion, en particulier le rôle crucial (...) de nos approvisionnements énergétiques. » (Page 120) Dany fait même le pari que le président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa changera de position quant à l'adhésion de ce pays à l'union (page 121).

Tout cela n'est qu'une question de réalisme, n'est-ce pas ? Parce que « l'immigration est un phénomène durable. » (Page 133)

Rappel : pour comprendre ce sujet, nous vous renvoyons à nos 4 notes politiques sur « le OUI à la Turquie de Michel Rocard l’idiot utile ».

 

Le cinquième chapitre est consacré au devenir de l'Europe : « Le sens de l'Europe, c'est d'abord être à la pointe du combat pour la démocratie et les droits de l'homme. » (Page 138) Le bon vieux Dany a même un projet : « mon projet pour l'Europe, c'est que l'Europe retrouve le sens du projet et s'en donne les moyens. » (Page 138)

C'est mince. Il faudra pourtant s'en contenter.

Car pour le reste, c'est toujours la même chanson : l'euro nous aurait sauvé de la crise (les 500.000 nouveaux chômeurs français en moins d’un an auront du mal à valider cette analyse …) ; les lobbys à Bruxelles œuvreraient pour le bien-être des populations ; vivement l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne ; dans les 10 ans, il promet une Constitution grâce à un référendum paneuropéen à double majorité ; le service public est en crise et sa conception doit changer (les réponses peuvent varier  selon les pays); l'Europe affrontera la mondialisation sans protectionnisme ... La simplicité de son cadre politique est la marque de Daniel Cohn-Bendit:

« Définir l'Europe de demain, ce n'est pas sanctuariser une identité européenne dans une géographie incertaine, une religion en déclin ou quelqu'autre définition ethnique ou culturelle. » (Page 164)

Pour un peu, il nous aurait décrit le paradis écologique que l'Europe va construire : le père Dany lave plus vert !

 

Mais dites-moi, au fond, qu'est-ce qui différencie Daniel Cohn-Bendit du néolibéral Jose Manuel Barroso qu'il vilipende si médiatiquement ?

Sur l’essentiel, force est de constater qu’ils agissent dans le même sens.

 

 

En conclusion, nous disons que ce livre n’est qu’un vulgaire matériel de campagne électorale. La prose erratique de l’auteur est en adéquation avec son grand bazar conceptuel.

Alors que faire de Daniel Cohn-Bendit ? Rien. La médiocrité est incurable.

 

Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

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