Martin HIRSCH le serf de la République solidaire

Publié le par Alexandre Anizy

Martin HIRSCH est un énarque bon chic bon genre (DEA de neurobiologie et Ecole Normale Supérieure) : son père Bernard HIRSCH était Directeur de l’Ecole des Ponts et Chaussées, son grand-père Etienne HIRSCH un Commissaire au Plan.
C’est vous dire l’enfance malheureuse que le petit Martin a connue, et il ne doit sa réussite scolaire qu’à son intelligence innée.

Comme il n’ignore rien de la misère du monde (les fins de mois difficiles, le travail pénible, le logement quasi insalubre, la nutrition déplorable, etc.), Martin HIRSCH s’est dévoué corps et âme à la santé publique et à l’action sociale au sein de la haute administration.
Peu à peu, il est devenu le serf de cette noble cause : la défense des nécessiteux, la lutte pour leur dignité et l’amélioration de leur condition.

Œuvrer pour les pauvres dans l’ombre des cabinets ministériels et des institutions publiques, c’est bien ; agir à la tête d’une Communauté aussi réputée que celle d’Emmaüs pour acquérir plus de notoriété, c’est mieux … pour les pauvres. Martin HIRSCH a bien retenu les leçons de son mentor, le docker somalien KOUCHNER.
L’abbé PIERRE est mort : le public qui ne connaissait pas encore Martin HIRSCH découvrit alors cet acteur incontournable de la lutte contre l’exclusion.

C’est pourquoi il est intéressant qu’il rentre dans le gouvernement FILLON : il apporte sa notoriété (de gauche en plus) et sa compétence d’énarque des pauvres (et non pas d’énarque démuni).
Mais contrairement à son mentor, qui n’a plus rien à perdre, Martin HIRSCH est jeune (il est né en 1963) et il ne veut pas par conséquent insulter l’avenir :
« Je ne suis ni dupe ni naïf. (…) Mais l’intitulé de ma fonction n’est pas anecdotique : je suis plus dans la position d’un haut fonctionnaire ou d’une autorité administrative que d’un responsable politique. » (entretien dans Le Monde daté du 20-21 mai 2007, page 6).

En clair, il est au gouvernement et il en a les attributs, mais il ne se considèrera pas comme impliqué par les décisions de ses collègues ministres. Martin HIRSCH va agir dans son coin modeste pour le bonheur des pauvres, mais il ne souhaite pas être associé techniquement et moralement aux décisions néfastes du gouvernement auquel il appartient. Le statut qu’il a négocié et obtenu l’autorise à penser qu’il gardera les mains propres.

Comment SARTRE appelait-il ce genre de personnage ?

Alexandre Anizy