Histoires récompensées de Marie-Hélène Lafon

Publié le par Alexandre Anizy

Mieux vaut tard que jamais ! Les Goncourt ont enfin reconnu après nous,

http://www.alexandreanizy.com/article-lire-et-promouvoir-le-joseph-de-marie-helene-lafon-124741797.html

et encore

http://www.alexandreanizy.com/article-l-annonce-d-un-pays-par-marie-helene-lafon-124930069.html

le talent de Marie-Hélène Lafon en lui attribuant le 9 mai chez Drouant leur Prix de la nouvelle 2016 pour son livre Histoires (Buchet Chastel, octobre 2015, livrel à 11,99 € - trop cher !). Un échantillon, pour la plage :

« Joseph ne renversa pas les filles. Il s'amusa peu. Il était maigre et sec, vif et véloce. Jeanne ne fut pas renversée ; Marie non plus. Marie n'eut pas le temps. Elle n'avait pas le corps. Elle mourut à dix-sept ans, de tuberculose. 1909 - 1926, deux dates et un prénom. Très tôt, elle n'avait pas su manger l'air cru. Il la blessait. Ils ne peuvent pas vivre, ceux-là, dans ces pays. Ils n'ont pas la force. Ils s'en vont. Restèrent les deux, Jeanne et Joseph. Ils apprenaient bien à l'école, l'hiver, dans les vacances du travail nourricier. Ils allaient à l'école au long des chemins, ensemble, les deux. Ils avaient le même front. Ils s'aimaient sans doute et leurs prénoms étaient doux. Peut-être parce qu'elle était fille, elle fut choisie pour étudier. » (p.29/150)

Un dernier, pour la marche :

« Jeanne fut tante. Par la vertu de la semence crachée du frère, par le coup de reins du frère et son ahanement, dents serrées, Jeanne devint tante (...) » (p.31/150)

Cet ouvrage nous a fait penser à un sujet de thèse : l'animalité humaine dans l'œuvre de Marie-Hélène Lafon.

Alexandre Anizy