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Bernard TAPIE touche enfin ses deniers

Publié le par Alexandre Anizy

Pour ceux qui ont suivi l’affaire TAPIE, la décision du Tribunal arbitral n’est pas une surprise.

Cette affaire était pliée dès le 1er jugement, qui était en faveur de Bernard TAPIE. En termes de droit, et en dernière analyse, on en revient donc à la case de départ, après une décennie de procédure. Dans un Etat de Droit, tout le monde doit se réjouir de cette victoire.

Oui, mais pour en arriver là, force est de constater que le chemin fut tortueux, et qu’il renvoie à quelques péripéties qui n’ont rien à faire avec le droit stricto sensu.

Cette issue favorable à Bernard TAPIE, nous l’avions annoncée dans notre note du 21 septembre 2007 : nous vous en recommandons la (re)lecture.

 
Alexandre Anizy

Freddie Mac et Fannie Mae s'écroulent, Indymac en faillite

Publié le par Alexandre Anizy

Fannie Mae et Freddie Mac sont les deux plus grandes institutions américaines de financement de crédit immobilier : elles détiennent ou garantissent environ 5.300 Milliards de dollars (sur un total de 12.000 environ) de crédits immobiliers consentis par les banques aux particuliers. En bref, elles sont la clé de voûte du crédit immobilier américain depuis 1970.

La semaine dernière, les cours des actions de Fannie Mae et Freddie Mac ont plongé de plus 60 %, entraînant dans leurs chutes Wall Street et les autres grandes places mondiales. Pourquoi cet effondrement ? Les défauts de paiement des particuliers ayant explosé à leur plus haut niveau depuis 29 ans (en Californie, on saisit la maison de 1 ménage sur 192 contre 1 sur 501 pour le reste des Etats-Unis), les fonds propres des 2 sociétés sont désormais insuffisants pour couvrir les risques : pour respecter les normes comptables relatives à la solvabilité, elles devraient lever 77 Milliards de dollars …

Or ceux qui ont participé aux dernières augmentations de capital, comme ceux qui ont souscrit aux émissions d’actions à taux préférentiel en Europe, ont fait de mauvaises affaires. C’est sans doute pourquoi la banque californienne Indymac n’est pas parvenue à lever des fonds … et qu’on a annoncé sa faillite tard vendredi soir, ainsi que sa mise sous tutelle : c’est la 7ème banque en faillite en un an, mais de loin la plus importante avec ses 32 Milliards de dollars d’actifs. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, la liste des établissements en difficulté à l’agence fédérale de garantie des dépôts (FDIC) est passée de 76 à 90 entre janvier et juin 2008. Le cours de la 4ème banque américaine Wachovia a chuté de 60 % en un an.

Dans ces conditions, il sera difficile à ces deux institutions moribondes de lever des fonds.

La semaine dernière, les autorités américaines ne sont pas intervenues directement pour Fannie Mae et Freddie Mac : il est vrai que la totalité des risques de leurs bilans équivaut à la dette publique ! Il est donc urgent d’attendre, en épuisant toutes les autres solutions techniquement faisables.

Mais la nationalisation, comme le Royaume-Uni s’y est résolu pour la Northern Rock, mettra fin à l’histoire de Fannie Mae et Freddie Mac.
 

Quand les financiers perdent, ce sont presque toujours les contribuables qui paient l’ardoise.

 
Alexandre Anizy

La "lenteur" de Milan KUNDERA et SARKOZY un danseur ?

Publié le par Alexandre Anizy

En 1995, Milan KUNDERA publiait un roman intitulé « la lenteur » (Gallimard, 154 p., 87 FRF). Ce n’est pas son meilleur ouvrage, mais après l’avoir lu, vous vous interrogerez peut-être sur bien des choses ordinaires devenues trop normales.

 
« La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. Contrairement au motocycliste, le coureur à pied est toujours présent dans son corps, obligé sans cesse de penser à ses ampoules, à son essoufflement ; quand il court il sent son poids, son âge, conscient plus que jamais de lui-même et du temps de sa vie. » (p.10)

Vous le devinez : le roman est ici un prétexte à une réflexion savante sur notre époque encline à la frénésie, sur l’épicurisme, etc.

 
Faisons une digression.

« Le danseur se distingue de l’homme politique ordinaire en ceci qu’il ne désire pas le pouvoir mais la gloire ; il ne désire pas imposer au monde telle ou telle organisation sociale (il s’en soucie comme d’une guigne) mais occuper la scène pour faire rayonner son moi. 

Pour occuper la scène, il faut en repousser les autres. (…) Le combat que mène le danseur, Pontevin l’appelle le judo moral (…). Et il manie toutes les prises qui lui permettent de mettre l’autre dans une situation moralement inférieure. » (p.26)

Quand un danseur entre en politique, il rejette les négociations secrètes, il fait les propositions et interpelle nommément, publiquement, par surprise de préférence. Du genre : « Etes-vous prêt tout de suite (comme moi) à renoncer à votre salaire du mois de mars au profit des enfants du Somalie ? » (p.27) On vous laisse réfléchir sur la situation : le public, les caméras, la communication non verbale de l’interlocuteur …

 
SARKOZY DE NAGY BOCSA
ne se comporte-t-il pas comme un danseur avec son « pouvoir d’achat » (alibi des heures supplémentaires qui briseront in fine la loi des 35 heures), avec « la lettre de Guy MÔCQUET », avec le parrainage « d’une victime de la shoah » par chaque écolier, etc. ?

« Il [le danseur, ndaa] est amoureux de sa vie comme le sculpteur peut être amoureux de la statue qu’il est en train de modeler. » (p.29)

 
Voyez comme « la lenteur » de KUNDERA peut vous amener loin !

 
Alexandre Anizy

Le talent de Fred VARGAS n'est pas incertain

Publié le par Alexandre Anizy

Dire que nous avons apprécié le dernier livre de Fred VARGAS intitulé « le lieu incertain » (éditions Viviane Hamy, juin 2008, 385 pages, 18 €) est bien l’expression de notre contentement.

Suivre le commissaire Adamsberg dans les méandres de son enquête en correspondance avec les circonvolutions de son imaginaire, de ses états d’esprit et d’âme, est un plaisir à nul autre pareil dans le domaine de la littérature policière. D’autant plus que Fred VARGAS maîtrise totalement son art : nous dirons même qu’elle s’est une nouvelle fois dépassée.

Une question nous vient naturellement en refermant ce livre : quelle est la part de « réalité », qui serait issue des travaux de recherche de Fred VARGAS dans son combat pour le respect du Droit et une certaine idée de la Justice (lire notre note du 12 juillet « Fred VARGAS est un nouveau ZOLA »), qui sont deux choses bien distinctes, dans sa description machiavélique d’une chaîne de commandement vérolée ?

Mais peu importe, puisque nous pensons qu’un artiste ne doit pas révéler ses secrets de fabrication. 

Alors lisez « le lieu incertain », parce que le talent de l’auteur est indubitable.

 
Alexandre Anizy

Fred VARGAS est un nouveau ZOLA

Publié le par Alexandre Anizy

Fred VARGAS est une authentique intellectuelle qui s’est engagée pleinement pour défendre une cause juste, c'est-à-dire qu’elle a employé et qu’elle consacre encore une partie de son temps et de son énergie pour soutenir concrètement une victime d’un déni de droit (Cesare BATTISTI) et pour démontrer techniquement le bien-fondé juridique de son jugement.

Lorsque le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA décide que « La France, conformément aux accords européens que nous avons signés (…) extradera Mme PETRELLA. » (Libération 9 juillet 2008), elle répond fièrement et sincèrement que « c’est atterrant et écoeurant : 30 ans après les faits, on l’envoie mourir en Italie. Nicolas SARKOZY sait que Marina est dans un état très faible et préfère qu’elle meure là-bas. La France n’a pas tenu sa parole, il n’y a aucune morale. C’est une hypocrisie totale. » (Libération, idem).

Le comportement de Fred VARGAS est à son honneur : il vaut celui d’un ZOLA dans l’affaire DREYFUS.

 
Alexandre Anizy

Fenêtre sur femmes de Patrick RAYNAL

Publié le par Alexandre Anizy

Dans le monde du polar, Patrick RAYNAL est une figure incontournable, ne serait-ce que parce qu’il a longtemps dirigé la Série Noire chez Gallimard.

Mais il a aussi écrit quelques livres, dont « Fenêtre sur femmes » (excellent titre) : un assureur marron pris dans une salade niçoise.
Nous le recommandons. C’est un régal.

En le lisant, nous pensions au privé de Gérard LAVEAU, l’assureur George Amer, dont nous vous rappelons ici le dernier opus « nocturne barbare », à glisser entre toutes les mains !

 
Alexandre Anizy

Sous le sandiniste ORTEGA couvait un petit SOMOZA

Publié le par Alexandre Anizy

Au Nicaragua, après avoir renversé le dictateur SOMOZA à la solde des Etats-Unis, Daniel ORTEGA était le chef de la Révolution sandiniste de 1979 à 1990. Ayant perdu les élections et avant la transmission du pouvoir à Violeta CHAMORRO, le gouvernement Ortega permit aux cadres du parti d’acquérir une fortune en biens fonciers privés, Daniel Ortega lui-même s’octroyant 7 propriétés foncières auprès de la Banque du Logement. Cette rapine est connue sous le nom de « piñata ».

Pour revenir au pouvoir, Daniel ORTEGA n’hésita pas à s’allier à l’ex Président libéral Arnaldo ALEMAN, condamné pour corruption : entre accapareurs, on s’entend toujours …
En 2006, c’était chose faite.

Depuis cette victoire électorale, Daniel ORTEGA dirige le pays en contrôlant l’Assemblée Nationale, le système judiciaire, la Cour des Comptes et le Conseil suprême électoral.  Malgré l’aide économique d’Hugo CHAVEZ, l’inflation est supérieure à 20 %.

Les intentions dictatoriales de Daniel ORTEGA sont aujourd’hui dénoncées par une opposition de plus en plus large, mais aussi par d’anciens compagnons de lutte, comme Dora Maria TELLEZ. La contestation est dans la rue, après qu’ORTEGA ait dissous 2 formations politiques pour les empêcher de se présenter aux prochaines élections.  

Ainsi, sous le sandiniste ORTEGA couvait un petit SOMOZA.

 
Alexandre Anizy

Le Gracque 40 Jean-Pierre JOUYET est un protégé élitiste

Publié le par Alexandre Anizy

Le ministre des Affaires européennes Jean-Pierre JOUYET a fait l’ENA, où il côtoya Marie-Ségolène ROYAL et François HOLLANDE qui devinrent ses amis pendant 30 ans.

Et puis vint le moment de l’irruption préparée de la Madone Déate, la pétition des Gracques 40 pour un centrisme socialiste. Un ambitieux technocrate ne se présente qu’en serviteur du bien public qui ignore les clivages politiques. Dans cette posture, Jean-Pierre JOUYET y gagna un maroquin, tremplin indispensable maintenant pour pénétrer le cénacle européen.
 

L’Europe, c’est la grande affaire de cet homme protégé (un énarque est au-dessus des contingences matérielles, de l’incertitude du marché de l’emploi, même s’il en parle souvent du marché – pas de l’incertitude, puisqu’un énarque n’en a pas) : c’est une cause qui demande de la volonté et du talent, qui doit « être à l’abri des débats politiques internes », « parce que la démocratie directe peut difficilement s’appliquer aux traités internationaux ».

Sinon, on tombe sur un « verrou référendaire » : c’est ainsi que le Gracque 40 JOUYET appelle un référendum.

 
Mis à part les monarchistes et Valéry GISCARD D’ESTAING, qui peut être plus élitiste que ce monsieur protégé ?

 
Alexandre Anizy

Location de ventres (III) : bientôt les "maternités closes"

Publié le par Alexandre Anizy

Aude MIRKOVIC est une juriste spécialisée, maître de conférences à l’Université d’Evry. Elle a publié un article dans le Figaro du 1 juillet dont nous présentons les lignes de force.

Elle rappelle qu’en 1994 et en 2004, le législateur avait refusé la légalisation de la gestation pour autrui. Par quel tour de magie le cadre aurait-il changé ? Qui paie réellement l’addition ? « Quoi qu’on en dise, l’enfant et, aussi, la femme gestatrice ».

On apprend qu’un marché s’était mis en place en 1994 : 50.000 francs de dédommagement. « Des intermédiaires mercantiles ne reversaient que le quart des sommes encaissées (…) ».
 

Après les maisons d’abattage, d’aucuns pourraient recycler leurs « outils de production » dans les maternités closes !
 

Quant à l’enfant, il sera placé « au cœur d’un imbroglio biologique et psychique dont il devra s’accommoder ». Un exemple (tribunal d’Aix-en-Provence) : « l’enfant qui découvre que celle qu’il considérait comme sa mère est en réalité sa tante et que celle qu’il considérait comme sa tante est sa mère par le sang … ».

Quel est l’intérêt de l’enfant ? « Légaliser la pratique ou (…) régulariser l’état civil des enfants ainsi nés (…) dessert l’intérêt de l’enfant en général en banalisant la violation de la loi adoptée justement pour son bien.
L’enfant ne doit pas payer le prix des actes des adultes. »

Et en conclusion : « S’il faut réparer au mieux les accidents que la vie impose aux enfants, n’est-ce pas criminel de leur imposer ces mêmes maux de façon délibérée ? ».
Très bonne question, Madame MIRKOVIC.

 
Alexandre Anizy

La crise s'installe

Publié le par Alexandre Anizy

En 2007, dès les premiers dégâts de la crise des « subprimes », nous avons immédiatement pronostiqué une crise financière grave :

  • notre note du 11 août 2007 : « Le retournement du marché immobilier américain a déclenché un jeu de dominos sur les marchés financiers internationaux. » ;
  • notre note du 17 septembre 2007 : « C’est en Grande-Bretagne que le marché financier se fissure, ce qui n’étonne personne, tant ce pays est inféodé aux USA. Parce que la 8ème banque de ce pays, la Northern Rock Bank, ne trouvait plus un seul prêteur sur le marché interbancaire, la Banque d’Angleterre a dû se résoudre à jouer son rôle de prêteur en dernier ressort. » Nous concluions cette note par : « Epargnants de la Northern Rock Bank, soyez raisonnables : reprenez l’oseille et tirez-vous ! » ;
  • notre note du 20 septembre 2007 : « Certes, Madame, mais les marchés financiers étant tous reliés, des produits financiers si complexes ayant été élaborés pour diluer le risque en le mutualisant (voir l’entretien récent au Figaro du Président d’Axa),est-il raisonnable de croire que le système bancaire ne sera pas touché par la crise américaine ? La réponse est non évidemment (…). » ;
  • notre note du 4 octobre 2007 : « On le voit : la crise des « subprime » s’est propagée dans le système financier américain. En France, les grandes banques affirment que l’impact serait extrêmement limité dans leurs comptes trimestriels : rendez-vous début novembre. Seul le Crédit Agricole fut victime d’un « trader fou ». ».

 Dès notre note du 20 novembre 2007, nous annoncions que l’embellie du 3ème trimestre 2007 (croissance  de 0,7 %) était passagère, parce les indicateurs pour 2008 étaient mauvais.
Les chiffres officiels d’aujourd’hui (sur ces indicateurs) nous donnent encore raison. 
 

Aujourd’hui, nous disons que la crise économique durera au moins jusqu’à la fin 2009.

Pour qu’il en soit autrement, il faudrait qu’en même temps :

  • La croissance faible américaine diminue la demande de matières premières et donc les prix ;
  • La baisse du dollar fasse repartir les exportations américaines ;
  • La forte croissance asiatique se maintienne.

On peut toujours rêver.

Le scénario probable est le suivant :

  • l’Asie poursuivra sa croissance et accentuera la hausse des prix de l’énergie et des matières premières ;
  • les Banques Centrales tenteront vainement de bloquer l’inflation globale en augmentant leurs taux, et ce faisant contribueront au ralentissement économique ;
  • les faillites des rehausseurs de crédit et la perte de valeur des produits titrisés augmenteront les pertes des banques, qui réduiront en conséquence leurs crédits, et ce faisant contribueront au ralentissement économique.

Jusqu’à la fin de 2009, on aura donc en France :

  • Une croissance bien inférieure à 2 % ;
  • Une inflation à 5 % au moins ;
  • Un déficit budgétaire en hausse ;
  • Un chômage en hausse ;
  • Une baisse relative des salaires.

Bienvenue dans la crise !

 
Alexandre Anizy