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François FILLON fait la pub pour ses cautères

Publié le par Alexandre Anizy

Parce que les Français ont perdu, perdent et perdront du pouvoir d’achat, comme disait l’autre, le gouvernement FILLON va vendre ses cautères (sur une structure économique de bois qu’on ne change surtout pas) aux consommateurs électeurs, à la télévision, dans la presse, sur internet.

Coût de la campagne publicitaire orchestrée par un cador du milieu récemment recruté par le gouvernement, Thierry Saussiez : 4,3 millions d’euros.

Le gouvernement FILLON ne fait qu’engraisser le milieu publicitaire, ce qui ne déplaira pas à Jacques Séguéla, sans pouvoir espérer des retombées significatives et concrètes, parce que lancer ce genre de campagne au moment des départs en vacances est déjà une erreur : les professionnels de la pub le savent, c’est en début d’automne qu’il faut agir pour être efficace.

Faire la publicité de la vente de cautères à une population blessée, c’est la spécialité des ONG. Le gouvernement FILLON se range-t-il dorénavant dans les organisations humanitaires ?

 
Alexandre Anizy

Jean NOUVEL un enlaidisseur prétentieux

Publié le par Alexandre Anizy

Vous connaissez forcément Jean NOUVEL, cet architecte chauve qui soigne sa communication. Il vient de recevoir le prix Pritzker, c'est-à-dire le Nobel de l’architecture, ce dont nous le félicitons.

Jean NOUVEL résume lui-même sa pensée à 3 moments de sa carrière.

  • Années 1970 : « l’avenir de l’architecture n’est pas architectural » ; parce que c’est « une pétrification d’un moment de culture », son avenir se trouve en dehors de son histoire ;
  • Années 1990 : « après la dissipation des brumes architecturales » ; il s’agit alors de prendre en compte « le chaos urbain », constitué par le télescopage d’éléments disparates d’où émane une poétique de la ville. « L’architecture n’est jamais qu’un processus de modification » ;
  • Années 2000 : « la nécessité de se battre contre une architecture générique et de promouvoir une architecture vivante, qui évolue, apparaît et disparaît ».   

Comme il « considère que beaucoup de choses sont déjà là et qu’il n’est pas question de brutaliser la ville, comme on l’a fait à l’époque d’HAUSMANN », il propose des tours géantes : c’est original.

Il est bon de souligner que le milieu urbain, qu’il convient de ne pas brutaliser, Jean NOUVEL l’a façonné à sa manière : depuis des années, c’est un apôtre des « boîtes à chaussure verticales », notamment pour Paris. Alors son projet vient d’être retenu à la Défense : la tour Signal.

Attention ! Ce n’est pas une vulgaire « boîte à chaussure verticale », parce qu’ « avec cette tour, je mets en place une autre stratégie : la ville verticale. »
Personne n’a expliqué à Jean NOUVEL que verticalement, il n’y a rien.

Alors, rien que çà ? Non, bien sûr. «J’ai eu tendance à jouer moi-même un peu les artistes, parce que je me suis inspiré du travail du grand mathématicien Benoît MANDELBROT, l’un des découvreurs des fractales. » Dans quelle partie de l’édifice ? Les images dans les loggias immenses sont des images fractales. C’est dingue, n’est-ce pas ? 

Jean NOUVEL définit ainsi son métier : « L’architecte est un kleptomane. Il pique tout. Partout. Dans la rue. Dans la technique. Dans les objets. Et dans l’art. »
Il aurait aussi bien pu dire comme Louis ARAGON (« les yeux d’Elsa » in La Pléiade tome I, page 746) : « Car j’imite. Plusieurs personnes s’en sont scandalisées. La prétention de ne pas imiter ne va pas sans tartuferie, et camoufle mal le mauvais ouvrier. Tout le monde imite. Tout le monde ne le dit pas. » Mais il utilise le mot « kleptomane » (une personne souffrant d’une impulsion pathologique qui la pousse à voler). Intéressant cet emploi, n’est-ce pas ?

Cette définition doit faire bondir certains de ses confrères.

 
Alexandre Anizy

Pascal GARNIER et la théorie du panda

Publié le par Alexandre Anizy

« La théorie du panda » est le dernier roman publié de Pascal GARNIER (édition Zulma, janvier 2008, 175 pages, 16,50 €). Le charme de son style provient d’un détachement réel des choses, pour ne plus laisser apparaître que le tréfonds des êtres sans s’appesantir. Le ton léger, désabusé nous permet de suivre l’histoire de cet ange dans un village breton en supportant la noirceur des misères affectives.
Avec élégance, Pascal GARNIER passe le plumeau sur les saletés de la vie.     
GARNIER cite GAINSBOURG : ces deux-là iraient bien ensemble.

Dès les premières phrases, vous avez le ton : « Il est assis, seul au bout d’un banc. C’est un quai de gare où s’enchevêtrent des poutrelles métalliques sur fond d’incertitude.  La gare d’une petite ville de Bretagne, un dimanche d’octobre. »

Il se trouve que nous avons vu Pascal GARNIER lorsqu’il présentait son livre « comment va la douleur ? » au Salon du Touquet en 2006. Si l’auteur semblait imprégné par son sujet, il nous offrait par politesse le spectacle ordinaire de l’artiste inspiré.
Grâce et désinvolture qualifient Pascal GARNIER.

 
Alexandre Anizy

Le tango anglais de la ratification

Publié le par Alexandre Anizy

Finalement, le Premier Ministre anglais Gordon BROWN n’a pas suivi la voie de son « ami » Tony BLAIR : la Constitution européenne maquillée à Lisbonne a été présentée à la Chambre des Lords qui l’a ratifiée. Mais la suite n’est pas plus glorieuse…

Comme par hasard, la Cour de Londres demande à Gordon BROWN de retarder la ratification définitive. Dans la foulée, Gordon BROWN déclare qu’il n’y aura pas de ratification sans le feu vert de la Cour de Londres.
Pitoyable, l’homme politique qui se cache derrière des juges serviables.

Avec la Tchéquie qui renâcle sérieusement, nous sommes en train d’assister à un deuxième enterrement de cette Constitution européenne maquillée à Lisbonne.

L’oligarchie européenne acceptera-t-elle cette défaite ?

 
Alexandre Anizy

La régression sociale orchestrée par le franc mac Xavier BERTRAND

Publié le par Alexandre Anizy

On sait que le franc mac Xavier BERTRAND a enfumé les partenaires sociaux qui ont signé lors de leur dernière négociation. Comme ils n’ont pas réussi à mobiliser leur troupe en début de semaine, le gouvernement, qui s’y préparait, passe à l’étape suivante en présentant un texte de loi en procédure d’urgence qui videra un peu plus de son contenu la loi sur les 35 heures.

Le franc mac Xavier BERTRAND est un vrai libéral : il signait dans le même temps une révision de la directive européenne sur le temps de travail, qui, si elle ne touche pas au principe des 48 heures hebdomadaires, permettra réellement d’effectuer des semaines de 60 heures, voire 65 heures pour les services de garde.
Un jour, toutes choses égales par ailleurs, ce texte sera la règle commune effective en Europe.

Ce texte ne peut pas s’appliquer en l’état en France, rétorque le franc mac Xavier BERTRAND.
C’est exact, pour le moment. Mais il n’y aura plus qu’un verrou à faire sauter : qui s’en chargera ?
Le franc mac Xavier BERTRAND ou un successeur « de gauche » comme Pierre MOSCOVICI ou le franc mac Manuel VALLS ou etc. ?

 
Alexandre Anizy

Aperçu du Parti Socialiste vu de l'intérieur

Publié le par Alexandre Anizy

Les statuts du PS prévoient 2 conventions par an pour étudier une question, comme le chômage, l’école, les retraites et leurs caisses, le système de santé et la caisse, etc. Depuis le 21 avril 2002, aucune convention.
Il n’est donc pas étonnant que le projet socialiste de l’élection présidentielle fût d’une rare indigence.

Pierre LARROUTUROU est délégué national chargé de l’Europe depuis 2006. A la fin de 2007, il n’avait toujours pas eu une heure d’entretien sur ce sujet avec François HOLLANDE ou Pierre MOSCOVICI.
Le devenir social de l’Europe : on en parle au PS …

Le 15 décembre 2007, les cadres et dirigeants du PS étaient réunis pour un grand forum de la rénovation entre 10 h et 13 h : 3 heures pour actualiser le projet économique du PS.
Sont-ils vraiment brillants ou simplement fumistes ?

 
Alexandre Anizy

L'hyper libéralisme selon Pierre LARROUTUROU

Publié le par Alexandre Anizy

Dans son « livre noir du libéralisme » paru en octobre 2007 (éditions du Rocher, 18 €), Pierre LARROUTUROU parle de l’effondrement du système capitaliste : « Aucune des tendances actuelles n’est durable. C’est vrai de la crise sociale, de la crise financière, et, bien sûr, de la crise écologique. Nous sommes au bout d’un système. Il est urgent de construire une alternative globale. » (Libération du 1er décembre 2007)

La précarisation est un des symptômes de cette asphyxie. Donnons quelques exemples :

  • Au Japon, 32 % des emplois sont précaires ;
  • En Allemagne, 6,3 millions de salariés n’ont que des emplois à 400 € (15 heures par semaine) ;
  • Aux Etats-Unis, en écartant les chômeurs, la durée moyenne du travail est de 33,7 heures.

L’endettement est un autre des symptômes : l’endettement des ménages tout particulièrement. Aux Etats-Unis, la dette totale (ménages + entreprises + collectivités, sans le secteur financier) représente 230 % du PIB américain. Rappelons que ce ratio n’était que de 140 % en 1929. Si on ajoute la dette du secteur financier, la dette s’élève alors à 340 % du PIB américain.

« Les chiffres sont formels : la croissance européenne, ou américaine, serait négative depuis 7 ans si nous n’avions pas fortement augmenté la dette privée. » (Pierre LARROUTUROU, idem)

Tous les pays que les libéraux citent comme modèle (Japon, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Espagne, Angleterre) maintiennent leurs croissances grâce à l’endettement privé. « En 2006, la dette des Etats-Unis hors secteur financier a augmenté 8 fois plus vite que le PIB. » (Pierre LARROUTUROU, ibidem)

Dans tous les pays occidentaux, nous dit le dernier rapport du FMI, la part de la richesse qui va aux salaires a fortement  baissé : 10 % en Europe et au Japon. En France, la baisse est de 11 %, ce qui veut dire concrètement que, sur un PIB de 1.800 Milliards d’euros, 200 Milliards iront rémunérer le capital, alors qu’ils auraient été remis aux salariés si on était dans le cas de répartition de 1982 …

 
Concernant la France, jusqu’à ce jour, les importations hors Europe n’expliquent pas le chômage et la crise sociale, puisque la balance commerciale est équilibrée. « Plutôt que la mondialisation, ce sont les gains de productivité qui ont détruit des emplois. (…) en 30 ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins (…) mais le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 %. »  (Pierre LARROUTUROU, ibid.)
Or toute la politique économique actuelle vise à augmenter le temps de travail des salariés en poste, par tous les moyens possibles. En conséquence, les choses ne s’arrangeront vraiment pas de sitôt (il est inutile de rappeler ici les bidouillages statistiques, etc.).

Pour Pierre LARROUTUROU, « l’hyper libéralisme peut nous conduire à la catastrophe ».

 
Remarquons ici que malgré ces chiffres, on trouve des économistes comme Jean PISANI-FERRY (directeur du centre Bruegel) pour décréter que « c’est désormais d’un relèvement des gains de productivité qu’il faut attendre une reprise de la progression du pouvoir d’achat ».
Il est vrai que dans toutes ces officines le facteur idéologique prend toujours l’ascendant sur la rigueur et l’objectivité.

 
Alexandre Anizy

Svetlana VELMAR-JANKOVIC a écrit un chef d'oeuvre

Publié le par Alexandre Anizy

Née à Belgrade, Svetlana VELMAR-JANKOVIC a publié son premier roman en 1956. Ce n’est qu’en 1990 avec « Lagum », traduit en 1997 par « dans le noir » (éditions Phébus), qu’elle rencontre le succès, puisque ce livre est comparé à une sorte de « Docteur Jivago ».
Si on comprend la raison de cette référence, elle nous paraît trompeuse. En effet, nous ne retrouvons pas ni la dimension romantique de l’œuvre de Boris PASTERNAK ni la limpidité du récit.

 
« Dans le noir » est construit comme un tableau pointilliste : par touches successives, fruits intellectuels d’une démarche associative indifférente à la chronologie, la narratrice se souvient. Peu à peu, par le moyen d’une coloration ajustée des événements, l’histoire générale de cette femme se précise : Belgrade, les années 30, l’amour, les amis (les faux comme les vrais), la Deuxième Guerre Mondiale, la collaboration, la Résistance titiste, l’épuration, la survie, etc.

Evidemment, au début, on peut être rebuté par la construction narrative et la relative sécheresse des sentiments exprimés, mais la qualité du style maintient en surface le lecteur qui aurait la tentation de sombrer.

« J’ai toujours pensé que, sur la toile de fond du réel, surgissaient des événements dictés, sinon par un lien secret, du moins par une certaine connivence. A présent, alors que je suis une vieille dame, je le sais avec certitude, je sais que tout est lié, comme eût dit l’hystérique Crnjanski, ce brillant écrivain. » (p.152)

 
Concernant CRNJANSKI, VELMAR-JANKOVIC en avait déjà mis une couche : « (…) car je n’avais aucune estime pour cet être antipathique et suffisant qu’était ce M. Crnjanski, même si, à ma plus grande surprise, il avait signé un livre extraordinaire, « migrations ». » (p.85) 
Si notre mémoire est bonne, nous ajoutons ici que Bernard PIVOT, grand lecteur érudit, avait un jour, dans la presse, classé « migrations » parmi les 20 romans européens qui comptent. Ce n’est pas rien.

Par ailleurs, VELMAR-JANKOVIC, toujours dans le cadre de son histoire, commente avec finesse et admiration l’œuvre de Michel TOURNIER, notamment son livre « les Météores ».

CRNJANSKI et TOURNIER : nous en reparlerons.

« Dans le noir » est un roman remarquablement composé et écrit, et finalement émouvant. En somme, un livre majeur.

 
Alexandre Anizy

Affaire WENDEL : le linge sale du château

Publié le par Alexandre Anizy

Sophie BOEGNER, ancienne Directrice Générale d’une société et membre du conseil d’administration de la holding familiale des WENDEL (la SLPS), c'est-à-dire une personne suffisamment formée et expérimentée en matière juridique pour les affaires, a porté plainte contre X pour abus de bien social et recel, en visant 15 membres du management de WENDEL, dont son cousin le baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE.

D’après Sophie BOEGNER, il y aurait eu une captation déloyale du capital de la société par le management au moyen d’opérations dissimulées, i.e. une affaire très bien préparée juridiquement et lancée en 2004. Lorsqu’elle rencontre son cousin le baron pour lui expliquer sa position, il lui répond que « c’est absurde » et met fin immédiatement à l’entretien.

Le baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE a répliqué par le dépôt d’une plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

Nous vous épargnons les subtilités du montage juridique (bravo l’artiste !) qui a permis au baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE de toucher pour 79 millions d’euros de titres, à Jean-Bernard LAFONTA de toucher pour 83 millions d’euros, et aux 13 autres managers de WENDEL de partager inégalitairement le solde des 340 millions d’euros.

 
Une rumeur court dans le milieu financier selon Christine KERDELLANT : la prise de conscience de quelques membres de la famille WENDEL, la contestation des salariés d’EDITIS (filiale du groupe WENDEL, dont la cession a permis cette aubaine), auraient été aidées, peut-être par ST GOBAIN qui est justement en bisbille avec les manœuvres de WENDEL : « (…) quand on poignarde dans le dos ses anciens camarades de promotion, ils ripostent  en exhibant votre linge sale. Le capitalisme a rejoint le monde moderne. Bienvenue à Dallas-sur-Seine. » (Express du 12 juin 2008)

 
Dans tous les cas, que le château lave son linge sale ou bien qu’il s’étripe en public, nous adoptons pour l’occasion le principe fondamental  du libéralisme cher au baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE : laisser-faire.

 
Alexandre Anizy

Sorj CHALANDON et "mon traître"

Publié le par Alexandre Anizy

Le roman que Sorj CHALANDON a publié en novembre 2007 se lit d’un trait, comme un roman de gare : l’histoire d’une amitié entre un combattant de l’IRA et un luthier français. (« mon traître », Grasset, 276 pages, 17,90 €)

Le décor du roman, c’est bien entendu la guerre en Irlande du Nord durant de nombreuses années, mais le foyer que l’auteur attise, c’est la relation des 2 hommes. Malheureusement, il ne parvient pas à cerner la véritable nature, la dimension réelle de cette amitié : sur ce sujet, on reste sur notre faim en refermant le livre.

Mais comme Sorj CHALANDON a du métier (journaliste pendant des lustres), il sait raconter une histoire de manière alerte : la profondeur du texte et la qualité littéraire s’en ressentent.
Extraits pour illustrer notre avis :
« En octobre 1979, je suis resté neuf jours à Belfast. J’ai vainement attendu que Tyrone Meehan passe en procès. Chaque matin, j’accompagnais Sheila à la porte de la prison de Crumlin pour avoir des nouvelles. » (p. 87)
« Sheila semblait fatiguée. Elle a allumé la radio. C’était une émission en gaélique. J’avais le front appuyé contre la vitre. Elle était glacée. » (p. 215)

« Mon traître » a obtenu le Prix Joseph KESSEL : il méritait cette distinction, parce qu’il est dans la veine des romans de ce baroudeur célèbre.

La guerre est toujours une saloperie.
Dans ces conditions, de la trahison de Tyrone Meehan, pourquoi en faire une affaire personnelle ? L’adjectif possessif du titre nous a laissé songeur.

 
Alexandre Anizy