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Louis SCHWEITZER de la HALDE : l'oligarchie contre la diversité ?

Publié le par Alexandre Anizy

Membre éminent de l’énacratie, on ne peut pas dire que Louis SCHWEITZER le cumulard (haut fonctionnaire, ancien directeur de cabinet de Laurent FABIUS parachuté chez Renault, il fut en 2006 le patron le mieux payé de France, avec beaucoup de stock options … ; aujourd’hui, il cumule les retraites de l’Etat et de Renault, les indemnités de Président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité – HALDE –, avec les jetons de présence de ses nombreux postes au sein de conseils d’administration ou de surveillance de grandes entreprises) soit ou ait été concerné au premier chef par les discriminations : autrement dit, il n’en a pas l’expérience. Mais en tant que président de la HALDE, il est autorisé à s’exprimer sur le sujet, et même plus.

 

C’est donc ce qu’il fit dans le journal Libération (du 23 mars 2009) : « Je m’oppose fortement à l’idée de statistiques ethniques reposant sur des catégories ethno-raciales prédéterminées. (…) En créant des catégories ethno-raciales, on fabrique une réalité. » 

 

Nous avons vu avec Blandine KRIEGEL (lire notre note « la fausse naïveté de Blandine KRIEGEL face à la diversité » du 19 mars 2009), philosophe et présidente du Haut Conseil à l’Intégration, que ce qui n’est pas écrit dans la Loi n’existerait pas.

Avec Louis SCHWEITZER, la riposte est complétée : en créant des statistiques, on « fabrique une réalité », dit-il, ce qui signifie que la chose créée n’existerait pas antérieurement.

 

D’aucuns cassent le thermomètre ; SCHWEITZER ne veut pas le fabriquer.

 

Alexandre ANIZY

 

P.S. : ajoutons à cela l’appel lancé par « l’association ni putes ni soumises », soutenu par Elisabeth BADINTER (3ème femme fortunée de France en 2002 – 489 millions d’euros) et alii, contre la proposition de Yazid SABEG, qui affirme qu’ « il n’y a pas non plus de communautés, mais une République métissée. Il y a une France qui porte en elle une diversité intrinsèque, inexorable, presque originelle. » Une douce France fantasmée, en somme.

Bon courage, Mr SABEG ! 

Contre l' "élégie pour un Américain" de Siri HUSTVEDT

Publié le par Alexandre Anizy

C’est un roman construit minutieusement, puisqu’il traite de la mémoire et du secret de famille : cela en devient son principal défaut. En effet, les retours en arrière répétés finissent à la longue par nous donner l’impression d’un remplissage. Le fait que le secret de famille n’en soit pas vraiment un, puisqu’il n’est ni scandaleux ni honteux, abonde dans notre avis d’un livre artificieux.   

Pendant qu’elle y était, Siri HUSTVEDT ne s’est pas privée d’une référence au 11 septembre, sans pour autant donner du sens à ce jour funeste : quel auteur américain n’a pas utilisé ce procédé ?

 

Un roman n’est pleinement réussi que lorsque les échafaudages disparaissent aux yeux du lecteur.

 

Posons alors la question : Siri HUSTVEDT est-elle vraiment une magicienne ? Avec ce livre, notre réponse est négative.

 

« Elégie pour un Américain » (Actes Sud, 2008, 394 pages, 23 €) ne méritait pas, par conséquent, tant d’articles dithyrambiques dans la presse française, mais l’éditeur arlésien a su promouvoir l’honnête travail de la femme de Paul AUSTER, qu’il publie aussi.   

 

Alexandre ANIZY

Aurélie FILIPPETTI une carriériste normale

Publié le par Alexandre Anizy

Fille du mineur communiste Angelo FILIPPETTI, qui fut conseiller général et maire d'Audun-le-Tiche (Moselle), Aurélie FILIPPETTI  est née en 1973.

Adhérente des Verts, à peine sortie de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (agrégée de lettres classiques), vite elle devient membre du cabinet ministériel d' Yves Cochet l’écologiste, ce qui la place naturellement en tête de liste des Verts du Vème arrondissement de Paris où elle est élue en mars 2001 conseillère municipale, à 28 ans. Forcément, elle est candidate dans la 2ème circonscription de Paris lors des élections législatives de 2002, où elle ne recueille que 6,55 % des voix, ce qui ne l’empêche pas de devenir membre du secrétariat exécutif des Verts-Paris en mars 2003 et son porte parole.

 

N’ayant aucune chance d’être élue député à Paris, Aurélie FILIPPETTI demande son investiture dans la circonscription de Longwy, que la Direction des Verts refuse : fâchée, elle quitte les Verts en octobre 2006 … et on la retrouve en novembre au Parti Socialiste, dans l’équipe de campagne présidentielle de Marie-Ségolène ROYAL la madone Déate, comme conseillère spéciale. Voilà ce qui s’appelle bien négocier son transfert.

 

Naturellement, en mai 2007,  elle est la candidate socialiste dans la 8e circonscription de Moselle, face à l'UMP Alain MISSOFFE, où elle est élue le 17 juin 2007 avec 50,96% des voix, ce dont nous nous sommes réjouis dans notre note du 21 juin 2007.

Mais patatras ! Voilà que sa circonscription pourrait disparaître dans la prochaine carte électorale en gestation.

 

Comme on lui a dit à l’école (et c’est une bonne élève, n’est-ce pas ?), gérer c’est prévoir, n’écoutant que son courage de fille de mineur, Aurélie FILIPPETTI fuit son fief pour se réfugier au Parlement européen (sa position sur la liste socialiste ôte toute incertitude sur ce sujet). Quelle abnégation ! Quel talent … Pour les ouvriers d’ARCELOR MITTAL qu’elle défendait médiatiquement, cette désertion peut être assimilée à un « après moi, la coulée ! ».

 

Pour toutes les femmes françaises, Aurélie FILIPPETTI deviendra-t-elle un modèle, au top … normalement ?

 

Alexandre ANIZY

La fausse naïveté de Blandine KRIEGEL face à la "diversité"

Publié le par Alexandre Anizy

Blandine KRIEGEL est une femme intelligente et savante : nul ne le conteste. C’est pourquoi nous nous interrogeons sur l’argument principal de son article (Figaro du 14 mars 2009) intitulé « De la diversité dans la République », qui semble le signe d’une fausse naïveté plutôt que d’un aveuglement conceptuel.

De quoi s’agit-il ?

« (…) car il n’y a jamais d’apartheid sans inscription dans la loi de l’inégalité et de la ségrégation. »

 

Vous avez bien lu : parce que ce n’est pas gravé dans le marbre de la loi, il ne peut pas y avoir d’apartheid … ou toute autre infamie. N’étant pas écrite, la chose n’existerait pas. L’argument est pour le moins spécieux.  

 

En bonne philosophe, Blandine KRIEGEL devrait savoir distinguer entre l’apartheid formel, inscrit dans le Code, et l’apartheid réel, s’instaurant en catimini dans les esprits et l’organisation sociale. En la matière, le formel et le réel, qu’elle consulte Alexandre ADLER !

 

Alexandre ANIZY

Raphaël ENTHOVEN intellectuel obséquieux vs le clown Stéphane GUILLON

Publié le par Alexandre Anizy

Raphaël ENTHOVEN est le fils de Jean-Paul, l’éditeur parisien ami du milliardaire philosophe Bernard-Henri LéVY ; c’est aussi un agrégé de philosophie qui enseigne à Polytechnique, intervient à Sciences Po, et qui surfe sur l’actuelle vague philosophique dans les médias (Philosophie Magazine, France Culture, Arte, Express, … ?). Bref, un jeune cador de l’establishment qu’il défend face à un clown devenu censeur dangereux par la grâce du philosophe patenté.

 

« Quand l’humoriste Stéphane GUILLON, sur France Inter, tout à l’unisson d’une opinion cannibale, s’éclate sur la « braguette rapide » de Dominique STRAUSS-KAHN, (…) il parle non pas en homme libre, mais en censeur. »

Soulignons ici l’adjectif « cannibale » dont est affublée l’opinion, ce qui renvoie le lecteur aux valeurs morales.

Pour devenir censeur, il faudrait que l’humoriste ait porté un jugement sur l’adultère de Dominique STRAUSS-KAHN, alors qu’il a seulement pris le parti d’en rire. Ce qui a déplu au château, dit-on dans les gazettes.

Au passage, Raphaël ENTHOVEN fait remarquer que le sieur STRAUSS-KAHN n’aurait pas confondu les genres entre la sphère publique et la sphère privée, ce qui n’est pas l’avis de la dame concernée dans sa lettre au FMI qui ne figurait pas dans le dossier ayant servi à disculper le french director ; alors qu’il en a les moyens, Raphaël ENTHOVEN ne serait pas bien informé ?

L’humour de Stéphane GUILLON est, écrit le philosophe patenté, une forme de censure, « (…) sournoise (…) donc plus dangereuse, [qui] porte le masque grimaçant d’un clown ».

Chez Raphaël ENTHOVEN, l’opinion est « cannibale », et le masque du clown est « grimaçant » : les gens de peu sont en quelque sorte déshumanisés.

 

A notre avis, deux choses dérangent vraiment Raphaël ENTHOVEN dans cette affaire, mais c’est l’éditorialiste Claude IMBERT qui les a exprimées sans fard (Point du 12 mars 2009) :

« Cet amuseur matinal de France Inter jette à grandes brassées Strauss-Kahn, Sarkozy et une flopée de ministres dans son baquet d’acide. » ; (touches pas à l’élite !) 

« La période précédant 1789 a connu, dans une grêle de libelles enragés, semblable débauche d’insultes, mais elle était réservée à des lettrés. Radio et Télévision ont démocratisé leur pratique. » ; (Ah ! la démocratisation de la vulgarité …)

Raphaël ENTHOVEN peut rire de tout. Mais pas avec n’importe qui. Comme disait Pierre DESPROGES.

 

Alexandre ANIZY

Bruno LE MAIRE aurait des idées

Publié le par Alexandre Anizy

Le Figaro Magazine du 7 mars 2009 nous informait que le Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Bruno LE MAIRE rassemblait actuellement ses idées sur les vertus politiques.

 

« Mon travail d’écriture est aussi important que mon travail politique », dit-il. 

 

Comme « le ministre » (Grasset, octobre 2004, 16,15 €) n’était selon nous qu’une hagiographie de Dominique de VILLEPIN rédigée par un handicapé littéraire, comme « des hommes d’Etat » (Grasset, janvier 2008, 19,86 €) ne présentait que les coulisses et les couloirs des palais de la République … nous approuvons l’estimation que Bruno LE MAIRE fait de son travail politique.

 

Alexandre ANIZY

Continental : le leurre de "l'économie de partage"

Publié le par Alexandre Anizy

Souvenez-vous : en 2007, les salariés de Continental à Clairoix (Oise) acceptaient le retour aux 40 heures de travail hebdomadaire contre la promesse du maintien de l’emploi au moins jusqu’en 2012.

11 mars 2009 : après plusieurs semaines de démentis, notamment lors du comité d’entreprise exceptionnel de la semaine dernière, la direction de Continental a convoqué par téléphone les membres du CE pour une réunion immédiate, au cours de laquelle elle a simplement déclaré que l’usine « arrêtera sa production » au plus tard en mars 2010.

 

1.120 emplois au tapis. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

 

Ce triste fiasco (syndical ?) nous rappelle un livre d’économie qui eut un certain succès dans les années 80 : « l’économie de partage » de l’américain Martin WEITZMAN (édition l’Expansion/Hachette/Jean-Claude Lattès, janvier 1986, 233 pages, 95 FRF).

Dans ces années-là, les constructeurs automobiles américains avaient déjà de sérieux problèmes de rentabilité. General Motors était donc pris comme exemple par Martin WEITZMAN pour son exposé théorique, que nous résumerons par cette citation :

« Sous contrat de salariat, le coût moyen du travail pour l’entreprise (ce qu’elle verse à chaque travailleur) est constant et donc égal au coût marginal entraîné par le recrutement d’une unité additionnelle de main d’œuvre. Sous contrat de partage, le coût marginal du travail est strictement inférieur au coût moyen du travail. Quand un travailleur supplémentaire est recruté sous contrat de partage, cela réduit très légèrement la paie (ou le coût moyen) de tous les autres travailleurs soumis au même contrat. » (p. 131-132)

Fort heureusement, cette théorie ne fut pas appliquée.

 

« L’économie de partage » de Martin WEITZMAN, comme la promesse de Continental en 2007, était un leurre, puisqu’elle fait abstraction des conditions macroéconomiques et sociales … qui peuvent justifier les retournements.

Lorsque le Secrétaire d’Etat à l’industrie, le fondeur Luc-Marie CHATEL, parle d’une « trahison » et d’un éventuel futur procès contre Continental, on peut se moquer de ses propos, qui ne coûtent rien mais rapportent en termes électoraux, puisque tous les frais éventuels, dont ceux découlant d’une possible défaite judiciaire, seront dument provisionnés dans les comptes de Continental avant qu’elle ne ferme l’usine.

De cette affaire, la patronne du MEDEF, l’héritière Laurence PARISOT, devrait se tenir à bonne distance, puisque fondamentalement n’est-ce pas là aussi le droit de la propriété privée qui serait en cause ? Comme en Guadeloupe.

 

Alexandre ANIZY    

A propos de "1974" de Patrick BESSON

Publié le par Alexandre Anizy

Vous connaissez l’estime que nous portons à Patrick BESSON, un génie de la chicane (voir notes culturelles des 2 septembre 2007 et 24 février 2009). Avec plaisir, nous avons constaté samedi 7 mars, dans l’émission « Télé matin », qu’il en était de même pour William LEYMERGIE et Olivia de LAMBERTERIE.

En effet, Patrick BESSON vient de publier un livre intitulé « 1974 » (Fayard, mars 2009, 13,30 €). Comme d’habitude, Olivia de LAMBERTERIE a merveilleusement présenté l’ouvrage en définissant l’auteur comme un maître de la concision. Avec du style, ça va de soi. L’humour est toujours en prime.

 

Il se trouve que quelques semaines auparavant, dans un hebdomadaire où il tient une chronique, Patrick BESSON avait relaté son déjeuner avec William LEYMERGIE à l’occasion de la sortie de son livre « quand les Grands étaient petits … » (toujours Fayard, janvier 2009, 17,01 €), en en vantant les qualités et en louangeant la charmante Olivia.

 

Dans le monde des lettres françaises, ce genre de hasard est monnaie courante.

 

Comme il s’agit d’un des plus grands auteurs français, nous parlons de Patrick BESSON dont nous avons déjà suggéré son élection à l’Académie – lire notre note du 2 septembre 2007 -, on se moquera ici des mœurs germanopratines.

Porter aux nues un BESSON vaut mieux qu’un LéVY.

 

Pour votre plaisir, lisez Patrick BESSON.

Zaboravite Philippe !

 

Alexandre ANIZY

Remarques sur la mondialisation de Pierre-Noël GIRAUD (VI)

Publié le par Alexandre Anizy

(Lire les 5 notes précédentes)

Peut-on critiquer « La mondialisation. Emergences et Fragmentations » (Sciences Humaines éditions, 4ème trimestre 2008, 158 pages, 10 €) de Pierre-Noël GIRAUD ?

Pas vraiment, puisqu’il constate une situation à partir des données statistiques, et parce que les concepts forgés, qui renvoient à une réalité quantifiable, lui permettent de bâtir un modèle intéressant. Néanmoins, il nous semble utile de faire 3 remarques. 

 

La première concerne le concept de firme globale, qui doit certainement beaucoup aux travaux de Charles-Albert MICHALET (nous pensons en particulier au « capitalisme mondial », PUF 2ème édition de 1985, 368 pages, 148 FRF). Or, nous n’en trouvons aucune référence, aucune note de bas de page, alors qu’un article du New York Times est cité en page 15. Nous le regrettons (une question de méthodologie universitaire).

 

La deuxième remarque pointe une faiblesse de cet ouvrage. Nous n’avons pas trouvé une analyse conséquente de l’articulation entre le local et le global, alors que ce mécanisme n’a pas échappé à la sagacité de P-N. GIRAUD. De plus, la question de la hiérarchie des territoires n’est pas posée. Or, sur ces sujets, Michel BEAUD planchait dès 1986. (« Le système national mondial hiérarchisé », La Découverte, 1987, 134 pp.)

 

La troisième remarque est d’ordre politique. Alors qu’il dresse le scénario noir de l’évolution du capitalisme, où des hommes inutiles (le « milliard d’en bas ») pourraient être délaissés, contrôlés et parqués, alors qu’il décrit une double fragmentation de la société dans les pays riches (entre les riches compétitifs et les classes moyennes paupérisées, entre ce 1er groupe et une frange pauvre et illégale), qui « ne peut que dégrader les mécanismes de la démocratie représentative » aboutissant à un système, où « la politique se réduira à des discussions techniques entre groupes influents de compétitifs » (p.155), où les élections ne seront plus que des plébiscites où on sortira les sortants par des successeurs qui leur ressembleront, P-N. GIRAUD ne propose tout compte fait qu’un réformisme en phase avec le consensus en vigueur au sein de l’oligarchie, en évitant l’optimisme béat qu’il convient d’afficher de nos jours : si « on ne peut donc pas compter sur la mondialisation pour unifier rapidement le monde », il reste fort heureusement les Etats-Nations qui sont loin d’avoir perdu leurs pouvoirs, et dont les politiques n’ont qu’à « s’adapter à la mondialisation, dans leurs cibles et dans leurs modalités ».  

Pour nous, la réflexion n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

 

Alexandre ANIZY

La mondialisation selon Pierre-Noël GIRAUD (V)

Publié le par Alexandre Anizy

Dans son livre « la mondialisation. Emergences et Fragmentations » (Sciences Humaines éditions, 4ème trimestre 2008, 158 pages, 10 €), Pierre-Noël GIRAUD dresse un état du processus de mondialisation. Le chapitre 8 traite de la finance globale et de l’instabilité consubstantielle.

 

P-N. GIRAUD met d’emblée les pieds dans le plat : « Tous ceux qui considèrent la finance comme une superstructure parasitant une économie de marché (…) sont des Saint-simoniens attardés. (…) Un capitalisme sans monopoles, sans externalités, sans finance, sans spéculation (…) est une pure chimère. » (p.124) Quant à nous, nous ajoutons que toute économie est réelle : la crise résulte d’une perversion de l’administration familiale (l’économie au sens premier du terme ; ARISTOTE, « les politiques »), puisque les ménages empruntaient réellement de l’argent sur une augmentation virtuelle du prix de leur maison.

La finance collecte l’épargne de certains agents économiques et crée ex nihilo de la monnaie : pour maximiser la croissance, une proportion de projets non rentables sont financés. « Ces promesses de revenus futurs [« Un titre financier n’est jamais qu’une promesse de revenus futurs (…) » p.125)] impossibles à tenir, c’est ce que j’ai appelé le mistigri. (…) Dès lors, la purge de ce mistigri est nécessaire et ceci, quel que soit le système financier. (p.128)

Comment purger ? Avant 1980, c’est l’inflation. Après cette date, c’est le krach sur un marché (actions, immobilier, changes, matières premières), suivi d’une crise bancaire plus ou moins localisée et profonde. Mais le système financier actuel transmet son instabilité à l’ensemble de l’économie : « En bref, c’est une démocratie de renards libres dans un poulailler libre. (…) qui va finalement subir les pertes (…) A coup sûr, les investisseurs les plus mal informés, par conséquent les petits investisseurs, puis si cela ne suffit pas, en seconde ligne, l’ensemble des contribuables. » (p.131) Nous en sommes là.

 

Concernant les déséquilibres des balances de paiement et l’instabilité des changes, « (…) l’Europe est aujourd’hui l’otage des choix de politique économique des Américains et des Chinois. Il en résulte de fortes fluctuations de l’euro. » (p.137) Seule une coordination des politiques économiques entre l’Union Européenne, les Etats-Unis et les puissances asiatiques peut y remédier. Rêver n’est pas interdit …

 

On peut envisager une réforme radicale : contrôle des mouvements de capitaux et cloisonnement de la finance. Si la libre circulation des capitaux est quasiment intouchable, une séparation totale entre les activités bancaires  et les activités de marché n’est pas impossible : « Dans ce système cloisonné, la totalité des risques étant confiné sur les bourses et les marchés dérivés, ces marchés deviendraient extraordinairement volatils et le grand public n’échapperait pas totalement aux fluctuations macroéconomiques engendrées par cette instabilité. » (p.139)

Mais il n’y a personne pour soutenir cette réforme radicale.

 

Le consensus actuel maintient le principe d’une finance décloisonnée en appelant à un renforcement des réglementations, avec parfois de surcroît « le ridicule de prôner plus de transparence ». Comme le fait remarquer à juste titre P-N. GIRAUD, ces réformes « seront très probablement assez cosmétiques, une fois passé le plus gros de la crise ». (p.140)

 

Alexandre ANIZY