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Vendredi 3 juillet 2009

Martin Wolf est un journaliste économique, qui n’est ni altermondialiste ni keynésien. Ceci ne l’empêche pas d’écrire des articles pertinents.

 

« La réforme de la régulation [financière, ndAA] ne doit pas se limiter à celle des dispositifs incitatifs. (…) Une entreprise trop grosse pour sombrer ne saurait être gérée dans l’intérêt des actionnaires, puisqu’elle ne fait plus partie du marché. Soit on doit pouvoir la fermer, soit elle doit être gérée de façon différente. »

 

De quoi parlait-il en particulier ? De l’industrie financière où des sociétés sont très endettées, avec des passifs garantis par l’Etat (« C’est un feu vert donné à ceux qui veulent jouer avec l’argent des contribuables. »).

Dans un article récent, les professeurs Lucian Bebchuk et Holger Spamann de la Harvard Law School affirment notamment que, dans le système financier actuel, les dirigeants ont un intérêt plus grand que les actionnaires à jouer le tout pour le tout … Si on a vu les dégâts en 2008, on ne voit toujours pas les changements.

 

Pourtant, quand une banque est devenue un mastodonte qui ne doit pas couler sous peine d’effondrement général, il est clair qu’elle se situe hors des règles du marché. Il faut donc en tirer vraiment toutes les conséquences.

« C’est aussi simple – et aussi brutal – que cela », conclue Martin Wolf.

 

Alexandre Anizy

 

 

 : le Monde 30 juin 2009  

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mercredi 1 juillet 2009

Parce que le commissaire à la diversité Yazid Sabeg a mis en place un Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd), un bande d’intellectuels de disciplines diverses, comprenant la riche héritière philosophe Elisabeth Badinter, dit s’être réunie au sein de la Commission alternative de réflexions sur les statistiques ethniques et les discriminations (Carsed) pendant deux mois, pour rédiger un ouvrage intitulé « le retour de la race » (éditions de l’Aube).

 

Si le titre est accrocheur, le lecteur restera sans doute sur sa faim, car il s’agit d’abord pour ces belles âmes de dénoncer l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité. Pour ces gens-là, la classification ethnique « aboutit à terme à la fragmentation et à la concurrence entre « communautés » avec chacune ses lobbies, ses victimes, ses exclusions, son entre-soi, sa solidarité limitée aux membres du groupe alors que l’Etat républicain a la mission de l’assurer pour tous ».

Ainsi, l’énumération créerait la fragmentation et ses conséquences. Pour ces gens-là, il ne faut pas compter, car cela aboutirait à la révélation des choses. Or, c’est bien connu : tout ce qui n’est pas nommé n’existe pas.

 

C’est ce que ce que nous avons déjà écrit dans notre note du 25 mars 2009 « Louis SCHWEITZER de la HALDE : l’oligarchie contre la diversité ? » :

« Nous avons vu avec Blandine KRIEGEL (lire notre note « la fausse naïveté de Blandine KRIEGEL face à la diversité » du 19 mars 2009), philosophe et présidente du Haut Conseil à l’Intégration, que ce qui n’est pas écrit dans la Loi n’existe pas.

Avec Louis SCHWEITZER, la riposte est complétée : en créant des statistiques, on « fabrique une réalité », dit-il, ce qui signifie que la chose créée n’existerait pas antérieurement. »

 

Pour notre part, nous reconnaissons à ces intellectuels le droit de se voiler la face. Mais savent-ils qu’à Paris pour un « faciès arabe », la probabilité d’être contrôlé par la police est 7,8 fois plus élevée que pour un Blanc, que pour un « faciès noir », la probabilité est 6 fois plus importante que pour un Blanc ?

 

Alexandre Anizy

 

 : d’après une recherche citée dans le Monde du 1 juillet 2009.

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes générales
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Lundi 29 juin 2009

Le roman le plus intéressant et le plus connu de René-Victor Pilhes est bien entendu « l’imprécateur », dont on a tiré en 1977 un film avec Michel Piccoli, Jean Yanne, etc.

Aujourd’hui encore, ce livre sur les multinationales vaut le détour.

 

Nous affirmons le contraire pour « l’hitlérien » (Albin Michel 1988) : un livre mal fichu et mal écrit, qui se voulait dans l’air du temps antiraciste, et qui revint en négatif sur PILHES, comme un boomerang.  

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Samedi 27 juin 2009

(Cette note est la troisième consacrée au livre de Daniel Cohn-Bendit, dont le titre est « Que faire ? » - Hachette littérature, mars 2009,176 pages, 14 € -, après celles du 5 juin et du 25 juin 2009).

 

Nous ne pouvions pas y échapper : Daniel Cohn-Bendit sans le multiculturalisme, ce serait comme Michael Jackson sans "thriller, (just beat it)". Et une nouvelle fois, le bon vieux Dany fait la leçon.

Alors certains vont trinquer : « on s'est trompé en analysant les Pays-Bas comme une société ouverte. C'est en réalité une société indifférente. (...) un pilier protestant, un pilier catholique, qui s'ignorent l'un l'autre. » (Page 113) « les Pays-Bas ne représentent pas l'échec du multiculturalisme, mais l'échec du refoulement du multiculturalisme. C'est une société d'indifférence. » (Page 114)

Parce que c'est bien connu, tous les Allemands s'intéressent, même à Francfort, au sort des travailleurs turcs, Dany fait partie de « ceux qui pensent que s'invente aujourd'hui un islam européen ». Nous donne-t-il quelques exemples de cette gestation ? Que nenni.

Il y a dans ces propos comme un zeste néerlandophobe. On savait depuis notre note du 11 juin 2008 « Irlande : Daniel Cohn-Bendit n’aime pas la démocratie » qu’il se rangeait du côté républicain (lire la note du 29 mai 2007 sur « la haine de la démocratie » de Jacques RANCIERE: avec le temps, ça ne s’arrange pas.

 

Concernant la Turquie, il chante la ritournelle des eurocrates : « Néanmoins la question de l'entrée de la Turquie ne se posera concrètement que dans une dizaine d'années à une Union Européenne qui aura elle-même changé. De nombreuses raisons économiques et géopolitiques plaident pour cette adhésion, en particulier le rôle crucial (...) de nos approvisionnements énergétiques. » (Page 120) Dany fait même le pari que le président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa changera de position quant à l'adhésion de ce pays à l'union (page 121).

Tout cela n'est qu'une question de réalisme, n'est-ce pas ? Parce que « l'immigration est un phénomène durable. » (Page 133)

Rappel : pour comprendre ce sujet, nous vous renvoyons à nos 4 notes politiques sur « le OUI à la Turquie de Michel Rocard l’idiot utile ».

 

Le cinquième chapitre est consacré au devenir de l'Europe : « Le sens de l'Europe, c'est d'abord être à la pointe du combat pour la démocratie et les droits de l'homme. » (Page 138) Le bon vieux Dany a même un projet : « mon projet pour l'Europe, c'est que l'Europe retrouve le sens du projet et s'en donne les moyens. » (Page 138)

C'est mince. Il faudra pourtant s'en contenter.

Car pour le reste, c'est toujours la même chanson : l'euro nous aurait sauvé de la crise (les 500.000 nouveaux chômeurs français en moins d’un an auront du mal à valider cette analyse …) ; les lobbys à Bruxelles œuvreraient pour le bien-être des populations ; vivement l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne ; dans les 10 ans, il promet une Constitution grâce à un référendum paneuropéen à double majorité ; le service public est en crise et sa conception doit changer (les réponses peuvent varier  selon les pays); l'Europe affrontera la mondialisation sans protectionnisme ... La simplicité de son cadre politique est la marque de Daniel Cohn-Bendit:

« Définir l'Europe de demain, ce n'est pas sanctuariser une identité européenne dans une géographie incertaine, une religion en déclin ou quelqu'autre définition ethnique ou culturelle. » (Page 164)

Pour un peu, il nous aurait décrit le paradis écologique que l'Europe va construire : le père Dany lave plus vert !

 

Mais dites-moi, au fond, qu'est-ce qui différencie Daniel Cohn-Bendit du néolibéral Jose Manuel Barroso qu'il vilipende si médiatiquement ?

Sur l’essentiel, force est de constater qu’ils agissent dans le même sens.

 

 

En conclusion, nous disons que ce livre n’est qu’un vulgaire matériel de campagne électorale. La prose erratique de l’auteur est en adéquation avec son grand bazar conceptuel.

Alors que faire de Daniel Cohn-Bendit ? Rien. La médiocrité est incurable.

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Jeudi 25 juin 2009

(Cette note est la deuxième consacrée au livre de Daniel Cohn-Bendit, dont le titre est « Que faire ? » - Hachette littérature, mars 2009,176 pages, 14 € -, la première étant celle du vendredi 5 juin 2009, que nous avons intitulée « Européennes : offrez un ticket retraite à Daniel Cohn-Bendit », pour faire d’une pierre deux coups.).

 

Dans le deuxième chapitre (pages 47 à 77), le bon vieux Dany prévient que « nous nous trouvons aujourd'hui au carrefour de plusieurs crises, financière, économique, écologique, et même sociale et politique (...) » (Page 47). Mais sa modestie innée lui impose aussitôt de préciser qu'il n'a pas « de lumières particulières sur l'actuelle crise financière, qui est loin d'avoir fait sentir tous ses effets, mais, comme chacun, je suis frappé par sa rapidité et son ampleur. »

Alors, 30 pages pour ne rien dire ? Nous regrettons de le dire, mais c'est à peu près ça.

Soulignons néanmoins le talent de Daniel Cohn-Bendit pour picorer dans le catalogue des idées en vogue et pour lâcher quelques noms (outre-Atlantique, « Dany the name droper » ferait vraiment recette), comme Alain Lipietz, Yves Cochet, Jean Gadrey, José Bové, Amartya Sen, André Gorz.

 

 

Dans le troisième chapitre intitulé « la société pollen », Dany expose son projet écologique : « Convertir notre appareil industriel, changer notre manière de vivre et de consommer. C'est là que je suis à la fois réformiste et radical : contrairement à ceux qui parlent de décroissance absolue, je préfère parler de décroissance sélective. » (Page 79)

Il ajoute plus loin : « Eco-conception des modes de production, des conditions de travail et des formes de consommation, récupération et recyclage : tels sont les nouveaux impératifs. (...) il faut tout repenser : les moteurs, la mécanique, la maison, les économies d'énergie, mais aussi la réglementation sanitaire, les transports, l'aménagement du territoire et j'en oublie certainement. » (Page 81)

Dany reprend alors la métaphore de l'abeille de l'économiste Yann Moulier Boutang : « Or la valeur de l'abeille n'est pas dans sa capacité à produire du miel : elle pollinise, surtout. C'est-à-dire qu'elle constitue l'un des indispensables chaînons de la reproduction du vivant végétal. » (Page 89) ; « l'abeille représente une remarquable métaphore de ce que nous vivons aujourd'hui, car c'est la circulation des abeilles qui en fait la valeur. ». (Page 92) C'est pourquoi il est urgent « de favoriser la pollinisation sociale et l'intelligence collective ». (Page 96)

Il convient donc de passer du plan de relance au plan de transformation, qui pourrait être financé par l'instauration d'un prélèvement écologique obligatoire de 10 % sur toutes les taxes existantes. N'oubliant pas le volet social, Dany nous parle du revenu d'existence qui « correspond à la reconnaissance de ce principe fondamental d'organisation de la société en tant que collectivité. Et il rétribue la contribution de chacun à la pollinisation. Idéalement, il devrait donc être attribué de façon inconditionnelle et même être cumulatif avec l'exercice d'un travail rémunéré. » (Page 99)

Un impôt intelligent, nous dit Dany, taxe la circulation et non pas la consommation : « L'idéal serait donc de taxer l'ensemble des transactions, même les plus insignifiantes comme celles qui passent par les retraits aux distributeurs de billets. (...) Une sorte de Taxe Tobin Intérieure. » (Page 102)

 

L'ère de l'économie cognitive et relationnelle s'ouvrant, les questions de solidarité sociale sont désormais centrales. On croirait lire du Toni Negri ... Mais Dany l'éponge libertaire n'est pas à un paradoxe près !

(A suivre)

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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