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2 extraits de Xavier Bordes pour Julia de Funès

Publié le par Alexandre Anizy

Extraits de La Pierre Amour

( Poésie Gallimard )

 

Dans le moindre brin d'oseille, il y a plus de vérité

que dans tous les propos du philosophe

disait le truand

 

***

 

Elle erre comme un chien dans la nuit

qui renverserait toutes les poubelles du langage

 

***

 

Xavier Bordes

 

Pike de Benjamin Whitmer

Publié le par Alexandre Anizy

            Âmes sensibles s'abstenir.

 

            Il y a mille raisons pour lire du "noir" : simplement s'évader (curieuse expression, n'est-ce pas ?), les stratagèmes, la psychologie, la toile de fond économique et sociale, le style, etc. Vous trouverez un peu tout ça dans Pike de Benjamin Whitmer (Gallmeister, 2012, en livrel), mais une chape de violence plombe tellement ce roman de bout en bout qu'il est sage de le déconseiller aux personnes sensibles. Pour les autres, disons pourquoi il est possible de s'infliger cette crade vision de l'humanité : tenir un style, voilà la performance. Trois exemples le montrent.   

            Prenons l'incipit : « Le bras gauche du gosse saille en biais de la neige sale comme une branche de bois noir cassée. Derrick tâte le corps de la pointe de sa botte de cow-boy. Aucun mouvement. Il rengaine son Colt 911 et balaye la ruelle du regard. »

            Complétons par le final : « Tenant sa cigarette dans sa petite griffe de main, elle l'éteint en se l'enfonçant dans l'avant-bras, juste pour avoir pensé ça. Sa peau frémit et brûle.

Dehors, rien ne change. Dedans non plus. »

            Terminons par un extrait pris au hasard : « Momifiés dans leurs combinaisons de ski, deux tout jeunes enfants jouent dans la neige gris charbon devant la petite maison. Le ciel au-dessus d'eux semble un immense vomi répandu sur la ville. (...) Derrière eux, une femme mince se tient sur le seuil de la porte, en pantoufles et manteau d'hiver taille homme, fumant une longue cigarette blanche. Elle est blonde. Son visage pend sur les os de son crâne. » (p.156 de 289).

            Le choix des mots contribue à l'expression picturale de Benjamin Whitmer.

 

Alexandre Anizy

Le droit chemin de Jacques Prévert

Publié le par Alexandre Anizy

Oseront-ils prendre la traverse ?

 

 

Le droit chemin

 

A chaque kilomètre

chaque année

des vieillards au front borné

indiquent aux enfants la route

d'un geste de ciment armé.

 

Jacques Prévert

(Paroles, dans la Pléiade volume 1, 1992)

L'ours de Jacky Ribault mérite 2 étoiles

Publié le par Alexandre Anizy

            Vous y trouverez votre miel, forcément.

 

 

            Jacky Ribault a déserté le XIe pour exploiter un nouveau site à Vincennes : les chefs sont devenus des succursalistes, ce n'est pas forcément un progrès pour la gastronomie française.

            Comme il fit irruption en salle en fin de service le mardi 22 septembre, vers 16 heures, nous supposons que c'est lui que nous devons remercier pour le déjeuner (5 services) de haute tenue, avec en prime la découverte d'un vin extra (Macvin) pour l'apéritif.

            Il paraît qu'il vise la 2ème étoile : à notre avis, il coche déjà toutes les cases du formulaire du Guide.

           

            Mais après ? Aujourd'hui, Jacky Ribault soigne si bien l'esthétique visuelle de ses plats, qu'il risque d'en négliger demain la dimension organoleptique : espérons qu'il ne tombera pas du mauvais côté de sa profession.  

            En attendant le futur, foncez à Vincennes pour communier chez Ribault !

 

 

Alexandre Anizy

 

Histoire du fils de Marie-Hélène Lafon

Publié le par Alexandre Anizy

            Quittons l'industrie de Minier et Bussi, revenons à l'artisanat d'art avec Marie-Hélène Lafon.

 

            L'autrice gratifie les amateurs lettrés d'un nouvel opus : Histoire du fils (Buchet-Chastel, mai 2020, en livrel).

            Dans tous ses états, la France profonde a son scribe. Ne boudons pas notre plaisir :

            « Il réfléchit beaucoup aux odeurs et aux couleurs des gens, des choses, des pièces ou des moments et, quand Antoinette vivait avec eux à Chanterelle, il la faisait rire avec ce qu'elle appelait ses folies, et elle riait elle riait, elle pleurait aussi du coin des yeux à force de rire tellement ; maintenant il ne peut plus dire ses folies à personne. » (p.8/103)

            Finesse psychologique et sociologique, sobriété lexicale, phrasé personnel. Que du talent !  

 

 

Alexandre Anizy

 

Bussi is not Buzy

Publié le par Alexandre Anizy

            Bourré de talents, Michel Bussi embarque sans gémir vers les Marquises dans son dernier roman Au soleil redouté (Presses de la Cité, juin 2020).

 

 

D'abord, d'abord y a l'style

Qui est pas folichon

Qu'est juste travaillé

Pour ne pas nous lâcher

 

Et puis y a l'histoire

Qui vous prend la tête

Mais pas trop quand même

Sinon on s'rait cuit

Et pas du tout content

Et que ce s'rait fini

Bussi et compagnie

 

Faut vous dire Monsieur

Qu'ça sent la resucée

D'un mémoire passé

Côté géographie

Alors j'le crois Monsieur 

Y a pas de p'tit profit

Pour un gars plein d'sous

 

Et puis y a le final

Où l'prof fait le malin

Des fois qu'ses clients

N'auraient pas tout compris

C'est alors qu'il les barbe

Aux Marquises

 

 

            Ainsi, parce qu'il n'est ni messin ni dyslexique, pour fabriquer son produit Bussi ne fut pas trop Buzy.

 

 

Alexandre Anizy

 

Le dernier wagonnet de Bernard Minier

Publié le par Alexandre Anizy

            La production de Bernard Minier ne doit pas être déplaisante.

 

 

            En tout cas, la lecture de La vallée (XO éditions, 2020, en livrel) n'est pas rebutante. L'auteur sait y faire en matière de suspense (évoquant aussi des choses d'actualité ― comme la décrépitude des bâtiments publics, p.56/430 ―, de manière consensuelle évidemment), moins en écriture. Il devrait éviter les envolées comme celle-ci : « Toute cette indifférence millénaire, cette montagne inhospitalière, qui n'offrait au regard que le hideux visage de sa mort prochaine. » (p.6/430... on a craint le pire !)

 

 

 

Alexandre Anizy

 

Tetsuya Honda dans l'atelier

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans nos emplettes pré-estivales, nous eûmes la main heureuse.  

 

 

            Il est vrai que l'affaire s'annonçait sous les meilleurs auspices, puisque l'Atelier Akatombo est une maison d'édition animée par Dominique Sylvain, dont nous avions parlé en juillet 2007 (lire ici ).  

            Cruel est le ciel (2020, en livrel) de Tetsuya Honda nous a donc permis de découvrir un auteur japonais notoire et Atelier Akatombo.

            Heureux qui comme Anizy a fait un beau voyage... 

 

 

Alexandre Anizy

 

Le Parme de Valerio Varesi

Publié le par Alexandre Anizy

            Tout suffocant et blême, quand Soneri leurre, Varesi ni ne s'emmêle ni ne pleure.

 

 

            Grâce aux Agullo Editions (une petite maison dans la banlieue bordelaise), depuis 2016 il est possible de lire les enquêtes du commissaire Franco Soneri, mais c'est seulement en juin que nous l'apprîmes. En prévision de vacances méritées en Avoriaz, nous fîmes nos provisions : Le Fleuve des brumes (2016, en livrel) et Or, encens et poussière (2020, en livrel).

 

            Comme le Pepe Carvalho de Manuel Vasquez Montalban, le Salvo Montalbano d'Andrea Camilleri, le Franco Soneri de Valerio Varesi régale aussi le lecteur avec des plats de la cuisine locale et surtout, comme ses collègues espagnol et sicilien, par un travail soigné d'écriture et d'architectonique.

            Ainsi avec Le Fleuve des brumes, nous plongeons un peu dans la Résistance italienne.

            Pour Or, encens et poussière, Alain Léauthier a écrit un bon article dans Marianne du 21 août (rien à ajouter).

 

            Alors en légion, sautez sur Varesi !

 

 

 

Alexandre Anizy

 

Concorde selon Octavio Paz

Publié le par Alexandre Anizy

 

Concorde

                                                             à Carlos Fuentes

 

L'eau en haut

En bas le bois

Par les chemins le vent

 

Quiétude du puits

Noir le seau Franche l'eau

 

L'eau descend jusqu'aux arbres

Le ciel monte jusqu'aux lèvres

 

 

Octavio Paz

                                                                (Versant Est, Poésie Gallimard)

 

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