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La nécessité de Richard Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

            A bien y réfléchir, il y a un poème de Brautigan pour chaque moment de l'existence.

 

 

La nécessité d'être sous ses propres traits      

 

Il y a des jours, c'est bien le dernier endroit

au monde où l'on a envie d'être, mais

il faut y être, comme dans un film, parce

            qu'on est au générique.

 

Richard Brautigan

(C'est tout ce que j'ai à déclarer, Le Castor astral, édition bilingue, novembre 2016)

 

Abstention : le petit livre rouge de Buéno

Publié le par Alexandre Anizy

            « A l'évidence, la "démocratie représentative" est un oxymore. Et la "démocratie directe" un pléonasme. » Alors "No vote !", écrit Antoine Buéno. Vraiment ?

 

            Dans son petit livre rouge (Autrement, février 2017, 156 pages, 12 €), Antoine Buéno fait oeuvre de pédagogue pour les citoyens qui s'interrogent sur le bien-fondé de leur démarche : l'abstention. Et Michel Onfray a préfacé l'opuscule : 3 pages couchées sur le papier, peut-être au cours d'un Paris - Caen pour répondre à une commande d'un de ses éditeurs ? En tout cas, le philosophe au marteau frappe juste quand il affirme que « ce petit livre est un apéritif au grand changement qui s'impose ».

 

            En effet, l'ancien élève de Sciences-Po et de l'ESSEC disserte bien en 3 parties sur la question :

1. Je m'abstiens parce que c'est mon droit démocratique ;

2. Je m'abstiens parce que voter ne sert à rien ;

3. Je m'abstiens pour protester.

Nous vous invitons à piocher allègrement dans ce manuel pour enflammer les sempiternelles discussions oiseuses sur le sujet. 

            Mais parce qu'il ose dire que voter ne fait pas barrage au Front National, force est de constater que l'auteur iconoclaste se sent obligé de payer son tribut à la propagande conservatrice dominante :

* par un fatalisme mortifère (chanter le TINO ― "there is no object" ― après le "TINA"), lorsqu'il reprend la scie "pas de contrôle des flux migratoires possible. Pas plus de maîtrise du stock. Voilà dévoilé le premier gros mensonge du FN, celui de sa politique anti-immigrationniste" ;

* par un gros mensonge (compte tenu de sa formation, nous ne lui accordons pas le bénéfice de l'ignorance), lorsqu'il pérore sur la sortie de l'euro. 

 

            Malicieusement, Buéno revient régulièrement sur le cas François Goullet de Rugy. Voilà un triste sire (pour ceux qui ne le connaissaient pas, il vient de démontrer l'étendue de son honnêteté politique quand, après avoir promis devant des millions de téléspectateurs lors de la primaire des socialistes qu'il soutiendra le vainqueur de la dite primaire, le félon se jeta dans les bras du bankster Bel-Ami Macron) qui s'abstint sur 62 % des scrutins publics alors qu'il est payé pour voter (il en a fait son métier, le noble lascar...), mais qui proposa une loi visant à rendre le vote obligatoire ! Il est vrai que ce personnage à la mentalité féodale n'avait été élu que par 34 % du corps électoral, ce qui réduisait grandement sa légitimité. (p.104)

 

            Venons-en à la quatrième partie où le bât blesse : "je m'abstiens parce que je m'engage". C'est là que Bueno lider minimo prône carrément la constitution d'une force politique : la plateforme abstentionniste. D'abord on se dit par gentillesse que l'artiste Buéno a supplanté la plume de François Bayrou, puis on voit qu'il y croit vraiment (la 4ème partie, c'est « la plus délicate, mais aussi, nous l'espérons, la plus novatrice du présent essai » (p.110), et finalement on est consterné par ce non-sens.

 

            Puisque l'auteur ne manque pas de citer Tocqueville et Noam Chomsky, appréciés Rue Saint-Guillaume, on s'étonne de ne trouver aucune référence à la pensée anarchiste : peut-on sérieusement réfléchir sur la crise de 1929 sans évoquer Charles Kindleberger, sur la globalisation sans Fernand Braudel, sur la guerre d'Espagne sans Buenaventura Durruti ?  

            Avec le No vote ! de Buéno, c'est chocolat.

 

 

            Le petit livre rouge de Buéno est une brochure utile qui pimentera vos futures discussions sur l'abstention. Mais en concluant sur la complémentarité du système représentatif et de l'action directe citoyenne, on se demande si ce n'est pas la dernière élucubration d'Antoine, sachant que les iconoclastes sont paradoxalement les derniers défenseurs de l'ordre établi.

 

 

Alexandre Anizy

Un homme et une femme selon Anise Koltz

Publié le par Alexandre Anizy

Un homme maltraitant son avenir...

 

Un homme puissant

comme un fleuve

traverse mon lit

 

le transformant

en réserve naturelle

en champ d'expérimentation

en abattoir

 

Anise Koltz 

            (dans Somnambule du jour, Gallimard poésie)

 

Emploi du soir de Michel Monnereau

Publié le par Alexandre Anizy

            Ce pourrait être aussi une façon de vivre dans une société épuisée.

 

            Emploi du soir

 

Retourner à soi dans la lumière apaisée du soir.

Se tenir seul aux franges de la nuit

sous l'amitié bavarde d'un marronnier.

S'écouter vivre, s'entendre penser, surtout

n'attendre rien, mais avec ferveur.

 

Michel Monnereau

(dans la Revue ARPA n° 118, décembre 2016, p.6)

 

Par peur de Richard Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

            A bien y réfléchir, il y a un poème de Brautigan pour chaque moment de l'existence.

 

La peur de te retrouver seul       

 

Par peur de te retrouver seul

tu fais tellement de choses

qui ne te ressemblent pas du tout.

 

Richard Brautigan

(C'est tout ce que j'ai à déclarer, Le Castor astral, édition bilingue, novembre 2016)

 

Le diktat légitimé de Bel-Ami Macron XIV

Publié le par Alexandre Anizy

            Benjamin Griveaux l'a dit ce matin : les ordonnances antisociales de Macron XIV vont être légitimées par les bulletins de vote sur son nom.

 

 

            Benjamin Griveaux, le porte-parole du candidat, l'a confirmé ce matin : Bel-Ami Macron XIV fera passer par ordonnances les mesures antisociales de son programme, parce qu'elles seront légitimées par les votes "d'adhésion" en sa faveur.

            C'est pourquoi des électeurs insoumis, un tiers (2,5 millions environ) si on accepte l'ordre de grandeur fourni par les sondages, vont découvrir une nouvelle fois comment leur vote "anti-FN" devient la validation d'un programme politique de régression sociale, puis comment leur vote légitime la répression sociale et policière.

 

 

            Si On a raison de se révolter comme l'écrivait Sartre, il conviendrait préalablement de ne pas avoir armé le bras républicain qui vous frappera.         

 

 

 

 

Alexandre Anizy

En conscience : barrage à Macron XIV

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans un monde tumultueux, il faut cette fois-ci camper sur ses positions politiques.

 

 

            Parce qu'ils ne sont ni atlantistes, ni européistes, ni libéraux, les Transformateurs doivent rejeter le conservateur Bel-Ami Macron.

            S'il est élu, cet individu cynique, amoral ― les journalistes du quotidien Le Monde (n'est-ce pas Adrien de Tricornot ?) le savent mais ne l'écrivent pas pour ne pas se heurter à la volonté de leurs patrons propriétaires ―,

http://www.alexandreanizy.com/2016/04/bel-ami-macron-en-marche-dans-la-cour-des-miracles.html

gouvernera brutalement sans scrupule et sans hésitation au profit de ceux qui l'ont aidé : le bankster remboursera rubis sur le pavé si nécessaire. 

            Il le fera aussi, comme à la Rotonde, parce que tel sera son bon plaisir.

 

            L'Etat, ce sera Macron XIV, la nuisance absolue, le monstre maléfique à la trogne ensorceleuse qui échappera à ses créateurs.

 

            Pour empêcher l'asservissement de la France, les Transformateurs peuvent user de deux armes d'efficacité inégale,

l'abstention, ou le vote tactique

à la personne qui défend modestement l'idée d'un Etat social dans une économie-monde apaisée.

 

 

            Contre le conservateur Bel-Ami Macron XIV, la bourgeoisie de labeur et les gens de peu disposent de deux choix estimables.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

Dimanche on vote gratis

Publié le par Alexandre Anizy

            Dimanche sera-t-il de fête, comme l'espérait Jean Cassou ?

 

Sonnet 23

 

La plaie que, depuis le temps des cerises,

je garde en mon coeur s'ouvre chaque jour.

En vain les lilas, les soleils, les brises

viennent caresser les murs des faubourgs.

 

Pays des toits bleus et des chansons grises,

qui saignes sans cesse en robe d'amour,

explique pourquoi ma vie s'est éprise

du sanglot rouillé de tes vieilles cours.

 

Aux fées rencontrées le long du chemin

je vais racontant Fantine et Cosette.

L'arbre de l'école, à son tour, répète

 

une belle histoire où l'on dit : demain...

Ah ! jaillisse enfin le matin de fête

où sur les fusils s'abattront les poings !

 

 

Jean Cassou

            (Trente-trois sonnets composés au secret)

 

Autour de la brigande Marion du Faouët

Publié le par Alexandre Anizy

            Grâce à Michèle Lesbre, on découvre dans Chère brigande (Sabine Wespieser éditeur, février 2017, en livrel) cette hors-la-loi sympathique.

 

            Quelle drôle d'idée pertinente de suggérer le passé glorieux d'une brigande ! L'auteur ayant passé l'âge de croire aux belles histoires, personne ne se bercera d'illusions sur la gestion courante des affaires de Marion du Faouët...

            « Tu n'es pas un ange mais, contrairement à Marie Collin ou Collen, dite Marie l'Escalier, qui sévit dans la région elle aussi, tu ne fais pas couler le sang, sauf la fois où l'un des membres de la bande s'est permis de prélever sa propre dîme aux dépens d'un ancien président du tribunal de Quimper. La victime s'est plainte à toi car tu lui avais délivré un sauf-conduit dont le traître n'avait tenu compte. Il est jugé par toute la compagnie et c'est toi qui l'exécutes. On ne doit pas rompre l'unité du groupe. » (p.28 de 49)

            "Dura lex sed lex", plus encore chez les truands. 

 

            Mais en évoquant la vie tumultueuse et forcément courte de Marion du Faouët, Lesbre nous parle un peu d'elle et de notre monde qui va de guingois.

            « Dors tranquille, chère brigande, tu m'as sauvée pendant quelques jours de notre démocratie malade, des grands voleurs qui, eux, ne sont presque jamais punis parce qu'ils sont puissants, de ce monde en péril. Tu n'étais pas un ange, mais les anges n'existent pas. »

 

            Mais de quels puissants parle Michèle Lesbre...

 

 

Alexandre Anizy

Ici de Michel Monnereau

Publié le par Alexandre Anizy

              Etat d'âme au lendemain d'un débat électoral.

Ici

 

Entre le cri des graffitis et les mots d'ordre

je vais desperado

en liberté conditionnelle

boulevard de l'insoumission civile

un meurtre dans la main gauche

un suicide dans la main droite

des enfants dans les testicules

les mains nues parmi vos armes

excisé à toutes les Afriques

une révolte toujours disponible

la tendresse rétive

entre mes bals fanés et vos balles perdues

- sans rançon acceptable. 

 

Michel Monnereau

                  (Je suis passé parmi vous, La table ronde mars 2016)

 

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