Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles
Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 08:58

Par un curieux hasard, il se trouve que nous avons quasiment enchaîné le « Stoner » de John Williams avec « une vie » de Guy de Maupassant (livrel gratuit), que nous ne connaissions pas.
Là encore, il s'agit d'une histoire apparemment ordinaire, celle d'une femme de la bourgeoisie provinciale, dans laquelle on peut apprécier l'architectonique, savourer la prose simple et délicate d'un auteur qui nous épargne discours et pesanteur morale.

« Parfois, en longeant les fossés des fermes, une odeur de pommes pilées, cette senteur de cidre frais qui semble flotter en cette saison sur toute la campagne normande, les frappait au visage, ou bien un gras parfum d'étable, cette bonne et chaude puanteur qui s'exhale du fumier de vaches. Une petite fenêtre éclairée indiquait, au fond de la cour, la maison d'habitation. » (p.81)

Comme une madeleine, pour ceux qui se souviennent de nos villages d'un temps pas si lointain.

 


Alexandre Anizy


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 05:51

Il paraît que c'est Anna Gavalda¹ qui suscita l'édition du chef d’œuvre de John Williams , « Stoner » (le Dilettante, 2011, 384 pages, 25 €), en se donnant la peine de traduire ce roman américain de 1965 : qu'elle en soit vivement remerciée !

Le sujet de ce roman finement ciselé ? Le premier paragraphe en fixe sobrement le cadre :


« William Stoner est entré à l'université du Missouri en 1910. Il avait dix-neuf ans. Huit ans plus tard, alors que la Première Guerre mondiale faisait rage, il obtient son doctorat et accepte un poste d'assistant dans cette même université où il continuera d'enseigner jusqu'à sa mort en 1956. Il ne s'est jamais hissé plus haut que le rang de maître de conférences et parmi ses élèves, rares sont ceux qui auront gardé un souvenir précis de lui après la fin de leurs études. »

 

Mais à l'intérieur de cette vie apparemment sans histoires, quel travail sur les caractères des personnages, sur les aléas et les difficultés du métier d'enseignant, sur les accidents de la vie … Un exemple ? La soutenance de l'étudiant Walker.

A vous de la découvrir en courant acheter ou emprunter ce bijou !


Alexandre Anizy


: elle-même a la capacité d'écrire un livre de cette qualité (nous l'y encourageons) ;


« S'il est vrai que je suis poète par la grâce de Dieu - ou du diable -, je le suis aussi par la grâce de la technique et de l'effort. » Federico Garcia Lorca ;


nous n'en disons pas autant pour son clone dégradé, David Foenkinos.


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 06:00

 

C'est une note spéciale ados.

Les éditions Don Quichotte, dont le jeune savoir-faire en matière des livres portraits ou documents n'est plus à démontrer, tente une percée sur le marché des ados avec la série « les Dolce » de Frédéric Petitjean. Et c'est aussi une curiosité toute paternelle qui nous incita à feuilleter longuement le tome 1 : « la route des magiciens » (octobre 2011, livrel de 540 pp.)

 

Agréable surprise, notamment pour le style qui vise plus haut que la moyenne générale. Exemple :

« (…) Antonius plaqua sur sa Gibson noire et feu l'harmonique exact. L'âme de Brooklyn, aux milliers de migrants brassés dans les feuillets des siècles, âpres au travail, décidés à crever mais portés par la chimère d'une existence semblable à la vie rêvée, fut soudain quintessenciée et distillée en substance artistique. » (p.17)

Un peu rock, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 11:20

 

L'économiste autrichien Joseph Schumpeter a écrit que le banquier est l'éphore de l'économie capitaliste, autrement dit le régulateur du système. C'est pourquoi cette fonction-clé ne peut être strictement privée, au risque de voir une caste cupide accaparer une part toujours croissante de la richesse produite.

 

Or, que s'est-il passé mercredi 21 décembre, lorsque la BCE a ouvert son guichet aux banques de la zone euro ? (Lire aussi la note précédente)

 

Pour dire simplement les choses, les banques vont payer des crédits qui arrivaient à terme (environ 300 Milliards d'euros) avec un nouveau crédit de la banque centrale : en somme, une substitution qui ne touche en rien la structure de leurs bilans. Autrement dit, cette opération n'assainit en aucune manière leur situation financière. Bien au contraire elle l'aggrave du fait du comportement irresponsable des dirigeants du système bancaire.

En effet, les banques profitent de l'aveuglement idéologique (seulement ?) des maîtres de la BCE, notamment son président Mario Draghi (un ancien dirigeant de Goldman Sachs, la banque qui a aidé la Grèce à maquiller ses comptes … tout ne se tient-il pas ?), pour emprunter environ 190 Milliards à un taux de 1 % qu'elles placeront sur le marché à 6 % (si on prend le taux exigé par le marché pour les obligations italiennes).

D'un strict point de vue technique, un banquier qui refuserait d'exécuter ce "carry trade" commettrait une faute professionnelle, selon les valeurs en vigueur dans ce métier.

Il y a donc une création ex nihilo de valeur financière déconnectée de l'ensemble du circuit, qui pèsera ensuite notamment par les prix sur la viabilité du système économique.

 

La cupidité vorace d'une oligarchie irresponsable conduit le système au chaos.

 

Laisser l'administration de l'économie entre les mains des banquiers, ce serait comme si nous acceptions le commerce de produits frelatés par des dealers camés.  Ce constat doit se traduire en termes d'économie politique : par exemple, l’État, dans la mesure où il n'est pas lui-même gangréné par l'élite malfaisante, doit reprendre en main la création de monnaie.

Techniquement, il peut le faire de différentes manières.

Il va de soi que nous écartons d'emblée la nationalisation des banques : pourquoi le peuple devrait-il indemniser des accapareurs qui se sont déjà largement goinfrés ?

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 14:43

 

Le mercredi 21 décembre 2011, 523 établissements bancaires de la zone euro se sont présentés au guichet de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour une demande de refinancement à long terme (LTRO, pour les initiés) de 489,191 Milliards d'euros, que la BCE a servie au taux juteux de 1 %. Pour certains analystes, environ 61 % de ce montant serait en fait un recyclage de lignes de crédit à 7 jours, 3 mois et 1 an, soit les 230 Milliards qui arriveront à échéance au 1er trimestre 2012 avec les 50 Milliards échus, ce qui porterait l'apport net de liquidités au système bancaire à 191 Milliards.

Une deuxième distribution est programmée en février 2012.

Comme l'a précisé Mario Draghi, le président de la BCE, les banques sont libres de « choisir ce qu'elles feront » de cet argent.

 

Que faut-il penser de cette opération ?

 

La veille de cette "soupe bancaire", les experts estimaient la demande entre 100 et 400 Milliards (soulignons la précision : de 1 à 4…). Ils observaient également qu'emprunter à 1 % pour ensuite acheter des obligations italiennes à 6 % constitue une aubaine tentante, quasiment sans risque, utile puisque les dites obligations peuvent être gagées pour encore emprunter à la BCE. Ils ajoutaient : si la demande se situe dans le bas de la fourchette, cela signifierait que les banques se seraient limitées à leurs propres besoins ; si elle atteint le haut de la fourchette, les banques n'auraient pas résisté au profit facile.

 

Nous constatons que les prévisions hautes sont allègrement dépassées. Il faut en conclure que les banques se sont goinfrées d'un crédit juteux et illimité.

 

Dans la Tribune du 22 décembre, le spécialiste Jean-Louis Mullenbach commente ainsi l'évènement : « Même avec ce prêt à 3 ans de la BCE au taux de 1 %, je ne vois pas les banques acheter massivement des emprunts d’État. »

Le mot-clé du propos, c'est massivement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Bio et Roman

 

Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

POUR COMMANDER NOTRE LIVRE

 

"Instruction ordinaire"


Livre à 19 €

Livrel à 4,99 €

sur le site WEB des

éditions NOIRVAL 

 

CLIQUEZ ICI  link

 


Recommander

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés