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Projet de Hollande : Ayrault commence le strip-tease

Publié le par Alexandre Anizy

 

Conformément à ce que nous attendions du candidat culbuto-molletiste Hollande, le Président et son factotum ont commencé le subtil effeuillage de leur modeste projet politique.

 

Si les troupes combattantes vont bien quitter l'Afghanistan à la fin de cette année, le trouble demeure pour le reste des engagés.

Et à peine sorti du bourbier afghan, il souscrit à une intervention armée en Syrie. La politique atlantiste de Hollande n'a rien à envier à son prédécesseur.

 

Concernant la zone euro, les eurobonds sont déjà repoussés aux calendes grecques. Grâce à ses gesticulations, le Président obtiendra le rajout d'un feuillet non contraignant (i.e. des paroles et des mesures dérisoires face au repli économique en perspective) portant sur la croissance (une ardente obligation … n'est-ce pas ?), en contrepartie d'une signature muselant l'indépendance budgétaire de la France.

Le Président nous engage toujours plus sur la route de la servitude, i.e. l'économie communiste de marché.

Lire sur ce sujet : L’Europe à la mode Hayek est une économie communiste de marché

http://www.alexandreanizy.com/article-16224090.html

 

Concernant les pauvres, on leur fait l'aumône d'une augmentation symbolique du Smic : après les élections législatives... le coup de pouce s'est transformé en pichenette.

 

Concernant la véritable politique économique du culbuto-molletiste Hollande, le gouvernement Ayrault I et II a mis en branle la propagande visant à préparer les masses … à de nouveaux sacrifices. Le matraquage fiscal ne sera annoncé qu'après avoir reçu le fameux audit des comptes publics qui va expliquer que les prédécesseurs ont caché la vérité aux Français, etc., etc.

A leur corps défendant, évidemment et comme d'habitude, ceux qui se disent socialistes vont saigner les oies françaises.

 

Concernant le 2ème gouvernement de Jean-Marc Ayrault, force est de constater qu'objectivement le lobby pétrolier a obtenu gain de cause : la ministre de l’Écologie Nicole Bricq qui s'opposait au forage au large de la Guyane (sans parler du gaz de schiste) a été déplacée au Commerce extérieur, laissant sa place verte à une certaine Delphine Batho, petit soldat exemplaire du politicard Julien Dray, aussi incompétente en écologie de par sa formation que d'aucuns le sont en physique nucléaire, et donc parfaitement à sa place pour avaliser les couleuvres gouvernementales face aux lobbys de l'énergie.

Ajoutons que le ministre Najat Vallaud Belkacem (eh oui, c'est maintenant une référence) « ne croit pas que le Commerce Extérieur constitue un enjeu moins important que l’Écologie » : rien n'est donc vraiment perdu pour la technostructure pro-nucléaire...

Mais les cocus d'Europe-Ecologie s'en foutent en vérité, puisqu'ils sont déjà contents (formation d'un Groupe parlementaire à l'Assemblée et maroquins pour leurs dirigeants arrivistes – comme dit Dany l'histrion- : carton plein pour ces politicards !).

 

Dans les mois à venir, le strip-tease va se poursuivre, à commencer par la présentation de la douloureuse.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Christophe Barbier est un anti-démocrate

Publié le par Alexandre Anizy

 

Dans un éditorial sur le site de l'hebdomadaire qu'il dirige, Christophe Barbier a récidivé dans sa haine de la démocratie.

(lire à ce sujet notre note consacrée au livre de Jacques Rancière :

http://www.alexandreanizy.com/article-6704177.html )

Parlant de la Grèce, au cas où elle refuserait les conditions exigées par l'Union Européenne, il suggère de la placer sous une « tutelle » qui imposera une « gouvernance moderne » : « il faudra que de l'extérieur viennent les hommes pour remettre la Grèce dans le bon sens », « réinventer l’État dans le cadre d'une nouvelle nation qui s'appelle la nation européenne ».

 

Résumons la "pensée Barbier" :

faisons fi de la volonté du peuple souverain grec ;

instaurons l'autoritarisme de l'extérieur (des sortes de Gauleiter peut- être?).

 

Ce qu'il dit aujourd'hui pour la Grèce, Barbier le petit bonapartiste médiocre l'écrivait déjà en mai 2010 dans un article qui suintait la flagornerie :

« Un putsch légitime est donc nécessaire, car il ne s'agit plus de sauver la Grèce d'un déclassement irréversible, il s'agit de nous sauver en sécurisant notre monnaie. »

http://www.alexandreanizy.com/article-christophe-barbier-un-petit-bonapartiste-mediocre-50457153.html

La récidive du sinistre éditorialiste confirme son antidémocratisme.

 

Christophe Barbier fait penser à Gaston Bergery, ce radical qui ne comprit rien au début des années 30 de la politique extérieure de l'Allemagne nazie, qui employa dès le 25 juin 1934 à la salle Wagram le décorum et le style des rassemblements hitlériens (pour susciter des émotions collectives, notamment par les chants), qui affirma en 1934 que son organisation Front Commun était « sûr de sa doctrine », « sûr de sa force », et que « l'ordre nouveau naîtra par la force et par la pensée. Nous sommes en même temps une tête et un poing » (expression qui rappelait l'image nazie des « travailleurs de la tête et du poing » - Arbeiter der Stirn und der Faust) … Dès 1935, le frontisme (composé essentiellement d'étudiants, d'intellectuels et d'employés) se plaçait au-dessus des partis de gauche et de droite pour rassembler le peuple français : au fond, c'était un néo-jacobinisme aux couleurs du temps, usant des éléments de langage typiquement radicaux, comme "les féodalités financières", "les congrégations économiques", "les puissances d'argent", pour séduire la populace … comme sait faire aujourd'hui le chien de garde de l'Express.

Mais la comparaison s'arrête là, car Christophe Barbier est trop instruit pour n'être que d'un parti.

 

Idolâtre et anti-démocrate, le sieur Barbier étale sans vergogne ses deux qualités qui ne cadrent pas avec l'éthique de son métier.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

 

Mélenchon se trompe de bataille

Publié le par Alexandre Anizy

 

Persévérer dans l'erreur conduit au fiasco : Jean-Luc Mélenchon vient encore de le démontrer. En se soumettant une nouvelle fois aux désirs des médias,

http://www.alexandreanizy.com/article-l-erreur-tactique-de-jean-luc-melenchon-100026826.html ,

qui lui sont viscéralement hostiles comme il ne l'ignore pas, il a révélé à Hénin-Beaumont qu'il se trompait carrément de bataille.

 

En effet, son parachutage express dans le Pas-de-Calais plaçait d'emblée "l'anti-lepénisme" comme pierre angulaire de sa campagne. Or le peuple, ayant fait le constat de l'échec, puisqu'en subissant chaque jour les conséquences désastreuses, de la construction européenne par et pour la pseudo élite, attend des réponses économiques et politiques différentes ... que le Front de Gauche préconise pour l'essentiel dans son programme !

Cherchez l'erreur, M. Mélenchon …

 

A Hénin-Beaumont, Mélenchon nous a replongés dans les crapuleuses manipulations mitterrandiennes des années 80 (les potes de Dray et Désir, la proportionnelle dosée pour polluer le champ politique, etc.) : le peuple l'a prié d'aller tonner ailleurs si ça lui chante.

 

Prisonnier du carcan idéologique de sa formation politique, affaibli par ses amitiés fraternelles, le brillant tribun Mélenchon n'a malheureusement contribué en presque rien dans la progression des idées salvatrices pour les temps noirs qui arrivent.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Sarajevo omnibus : terminus pour Velibor Čolić ?

Publié le par Alexandre Anizy

 

Velibor Čolić est entré dans la prestigieuse collection de Gallimard avec son roman Sarajevo omnibus (mars 2012, 176 pages, 15,90 €) : il atteint ainsi le Golgotha de beaucoup d'écrivailleurs ambitieux. Nous qui avions apprécié son Jesus et Tito,

http://www.alexandreanizy.com/article-velibor-oli-tcholitj-n-est-ni-footballeur-ni-jesus-ni-tito-53667706.html

ne pouvions pas manquer cette nouvelle rencontre.

 

Malheureusement, Sarajevo omnibus joue sur un autre registre : l'évocation d'un XXe siècle tragique à partir de lieux emblématiques comme le Pont Latin et de personnages les ayant fréquentés. Si Velibor Čolić garde ses distances avec le pathos, il n'en devient pas moins plus sérieux. Mais c'est plutôt l'architectonique de l'ouvrage qui suscite notre réserve : si « le romancier n'a de compte à rendre à personne, sauf à Cervantès » (Milan Kundera, cité en avant-propos), le même auteur dit aussi que « … composer un roman c'est juxtaposer différents espaces émotionnels, et que c'est là, selon moi, l'art le plus subtil d'un romancier. » (l'art du roman, poche folio septembre 2009, page 110-111), et de ce point de vue, le but n'est pas atteint.

 

Ayant lu La route de Sarajevo de Vladimir Dedijer (que le temps passe...), qui raconte justement l'attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 (partie centrale de la chronique de Čolić), nous l'avons cherché dans la bibliothèque pour le feuilleter : on y retrouve les protagonistes (Gavrilo Princip l'assassin, Čabrinović – le 1er nationaliste qui lança la grenade sur la capote de l'automobile du prince héritier, rebondissant pour éclater sous le véhicule suivant -, le colonel Dimitrijević – le chef de l'organisation secrète "la main noire" -, etc.) et la confirmation que les conjurés ont eu beaucoup de chance pour réussir (après le 1er attentat manqué, les autorités décident de changer l'itinéraire prévu et d'emprunter le quai Appel à vive allure – évitant ainsi les petites rues du centre -, mais, les 2 premières voitures du convoi se trompant et prenant le 1er itinéraire, la 3ème qui porte François-Ferdinand d'Autriche s'arrête brutalement sur ordre du gouverneur Potoriek … à l'endroit où se tient Princip ! « Au premier moment, j'eus l'intention de lancer la bombe que je portais dans ma ceinture, du côté gauche. Mais la vis était serrée si fort que j'aurais eu du mal à l'ouvrir. Et puis, dans une foule aussi dense, il aurait été difficile de la sortir et de la lancer. Je sortis donc le révolver et le levai en direction de l'automobile, sans viser. J'ai même détourné la tête en tirant. » (p.306) récit de Princip lors de l'interrogatoire du 3 juillet).

A quoi tient l'orientation d'un siècle vers la boucherie ?

 

Prions pour que Velibor Čolić retrouve la grâce d'un style plus léger sans quitter les ors de la rue Sébastien Bottin !

 

Alexandre Anizy

Le poète Jean Sénac porté au pinacle

Publié le par Alexandre Anizy

En 1999, les éditions Actes Sud publiait les « œuvres poétiques » de Jean SéNAC (831 pages, 199 FF) : remercions cette entreprise d’avoir osé ce projet insensé d’un point de vue financier.

 

René de CECCATTY commençait sa préface par ses mots : « La poésie aura le dernier mot, comme pour PASOLINI. De la vie tragiquement terminée dans une cave, la nuit du 29 ou 30 août 1973, reste une œuvre considérable que l’on peut désormais classer à la hauteur de LORCA, de WHITMAN, de CAVAFY, de PENNA et bien sûr de ce frère dont il admirait l’œuvre cinématographique, mais qui, lui-même, ignorait leur proximité, Pier Paolo PASOLINI. » (p.9)

 

Les références sont élogieuses, ce qui n’est pas exceptionnel dans une préface. Mais, pour tout vous dire, la production nous paraît de qualité inégale et surtout, nous n’avons pas entendu une musique personnelle dans ces feuillets épars.

 

Bien sûr, nous appréciâmes quelques morceaux qui raviront les chercheurs d’étoiles. A ceux-là, le livre est destiné.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

P.-S. : dans les Lettres Françaises de mai 2012, vous trouverez un dossier sur ce poète assassiné.

 

 

Pour NS : "Ausgang" de Theodor Fontane

Publié le par Alexandre Anizy

 

Les soirs de mélancolie, certains font ce bilan définitif :

 

« Immer enger, leise, leise

Ziehen sich die Lebenskreise,

Schwindet hin, was prahlt und prunkt,

Schwindet Hoffen, Hassen, Lieben,

Und ist nichts in Sicht geblieben

Als der letzte dunkle Punkt. »

 

« Ausgang », Theodor Fontane

 

Que l'on peut traduire ainsi :

 

« Les cercles de la vie, doucement, doucement,

Se tracent toujours plus étroitement.

Tout s'en va, qui n'était que pavane et parade,

L'espoir s'en va, la haine et l'amour,

Et il n'est rien resté en vue

Que le dernier point obscur. »

 

 

Pour ce poète allemand, la fin est une modeste sortie.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

"Tcherno", le nouveau polar de Gérard Laveau

Publié le par Alexandre Anizy

 

Presque un an après la parution d'un roman titré « le pas de l'ombre » (excellent livre, où le lecteur se délecte de la maîtrise du style ciselé et de l'architectonique savante), Gérard Laveau publie un polar : « Tcherno » (éditions Noirval, avril 2012, 298 pages, 23 €).

 

Inspiré par des faits réels graves, qui montrent qu'en France la Santé publique est une préoccupation mineure, l'auteur a troussé une nouvelle enquête de l'agence Torpédo & Amer dans laquelle la détermination de l'une n'a d'égale que la désillusion de l'autre, noyée dans un engagement risqué.

 

L'aventure est sur les trimards dans un cadre bucolique. Ne la ratez pas ! Comme la découverte d'un scandale d'État.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

L'intrusion d'Adam Haslett

Publié le par Alexandre Anizy

 

Cet auteur américain surgit en 2002 dans le milieu littéraire anglo-saxon avec un livre de nouvelles, « vous n'êtes pas seul ici » (éditions de l'Olivier, 2005), qui obtint des prix et un succès retentissant. En 2010 sortait son roman « l'intrusion » (poche folio en 2011).

 

C'est une construction romanesque comme on l'enseigne dans les écoles d'écriture américaine, que l'auteur connaît très bien. Alors cela sent le préfabriqué … et le style ne peut en cacher la fadeur.

 

« Accompagnée de Cressida, elle quitta la tranquillité étanche de l'entrée [hum ! NdAA], passa par les portes à tambour, avant d'émerger dans Congress Street, et toutes deux se firent happer par l'air frais de la nuit, qui trimballait avec lui le vacarme et la trépidation de la voie express. » (p.197)

 

On dirait du John Grisham évolué, puisque Adam Haslett est tendance avec son trader homosexuel qui surfe sur la ligne blanche et finit blousé par un subalterne tocard sur les marchés asiatiques.

La dose écolo n'a pas été oubliée dans le shaker.

Mais il n'a pas encore mis en pratique ses cours de maquillage : dommage.

 

 

Alexandre Anizy

Philby de Robert Littell

Publié le par Alexandre Anizy

 

« Philby. Portrait de l'espion en jeune homme » (éditions BakerStreet, novembre 2011, 330 pages, 21 €) est un livre habilement construit : Robert Littell possède indéniablement ce talent.

L'absence de style (au sens djianesque – lire la note sur ce sujet) ne nuit pas à l'intérêt du lecteur.

 

 

Alexandre Anizy

 

Sous le ministère de Dubravka Ugrešić

Publié le par Alexandre Anizy

 

En 2004, Dubravka Ugrešić publiait « le ministère de la douleur » (Albin Michel, août 2008, 325 pages, 22 €), dans lequel elle rassemblait un échantillon pas forcément représentatif de la colonie yougoslave à Amsterdam. C'est un roman âpre sur les affres de la guerre et de l'exil.

 

Nous avons particulièrement apprécié son auto-dérision.

« Il a fallu que je me retrouve dans un autre pays pour remarquer que mes compatriotes s'expriment dans une sorte de semi-langage, comme s'ils avalaient la moitié des mots, qu'ils recrachaient la moitié des voyelles. Ma langue maternelle me semble alors prononcée avec effort par quelque invalide ayant des difficultés d'élocution et devant étayer sa pensée la plus simple par des gestes, des grimaces et des intonations. » (p.14)

C'est une croate lucide sur le pays éclaté :

« Les nouveaux potentats ne sauraient se contenter du pouvoir : dans leurs Etats devaient vivre des zombies, des gens sans mémoire. Le passé yougoslave était ainsi publiquement conspué (...) » (p.75)

« La Yougoslavie avait été un pays horrible. Ils mentaient tous, comme ceux d'aujourd'hui. La seule différence, c'est que d'un seul mensonge ils en ont fait cinq. » (p.102)

 

La façon dont Dubravka Ugrešić dépeint le personnage de la bourgeoise zagréboise

(« Ah, Ines ! Ce babillage, cette affèterie austro-hongroise, ce soft-croatisme, cette prétendue chaleur méridionale, cette satisfaction de soi-même et de sa maison, dont les murs s'ornaient du butin marital, le butin du premier mariage. » p.240),

nous renvoya à celle de Slobodan Selenić quand il parle du serbe belgradois (lire nos notes sur cet auteur). Il est sûr que dans les Balkans l'auto-dénigrement est une valeur commune.

 

Grâce au talent et à l'ironie de Dubravka Ugrešić, vous parviendrez à passer le cap de cette douleur.

 

 

Alexandre Anizy