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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 09:27

 

Dès que Jean-Claude Michéa publie un livre comme c'est le cas le 5 octobre avec « le complexe d'Orphée. La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès » (éditions Climats), les magazines établis comme le nouvel observateur ou marianne s'empressent de le commenter ou de le recevoir. On peut se demander pourquoi, tant le propos est ténu et répétitif.

Il nous semble que l’œuvre de Michéa se construit autour d'une intuition fondatrice : la doctrine de la gauche comme de la droite (PSUMP ou UMPPS) repose sur « le vieux dogme progressiste selon lequel il existe un mystérieux sens de l'histoire, porté par le développement inexorable des nouvelles technologies, et qui dirigerait mécaniquement l'humanité vers un monde toujours plus parfait – que celui-ci ait le visage de "l'avenir radieux"ou celui de "la mondialisation heureuse". » (Nouvel Observateur du 22 septembre 2011, p.108)

 

Dans « Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche » (Champs Flammarion, février 2006, 192 pages,) Jean-Claude Michéa dit rapidement qu'il n' y a qu' « une seule possibilité de développer de façon intégralement cohérente l'axiomatique ambiguë des Lumières : c'est l'individualisme libéral. » (p.16) Force est de constater aujourd'hui que les pseudo élites qui gouvernent ont intériorisé la théologie libérale comme une contrainte économique incontournable. Si pour Newton l'attraction terrestre soudait les mouvements désordonnés, pour la mécanique sociale les philosophes des Lumières ont opté pour l'intérêt, i.e. l'utilitarisme, alors qu'à la base de la vie humaine, on relève le cycle du don (donner, recevoir et rendre).

« (…) le prétendu réalisme de la science économique repose avant tout sur une représentation purement métaphysique de l'homme (...) » (p.41)

La figure qui incarne le plus cette fin commençante de l'Histoire est le « nomade Bouygues », cet ersatz pathétique de l'humain¹.

« Toute la question, cependant, est de savoir jusqu'à quel point notre corps, et notre psychisme, peuvent, sans défaillir, soutenir cette contrainte capitaliste d'une jeunesse éternelle, c'est à dire d'une existence à jamais atomisée et perpétuellement mobile. » (p.46)

Mais Michéa ajoute que l'utopie libérale a déjà le remède : refabriquer l'homme grâce à la biotechnologie, pour ce que Fukuyamanomme "post-humanité".

Quand au début des années 80 la Gauche établie renonce à la critique radicale du capitalisme, elle se libère en même temps du compromis historique (socialisme ouvrier avec camp républicain contre 1 ennemi, les tenants de l'ordre Ancien) qui la fondait, elle n'est plus alors que "Progrès"et "Modernisation" (éléments de langage de gens aussi sinistres que Hollande, Aubry, etc., sans parler de l'infâme Strauss-Kahn), i.e. toutes les fuites en avant de la civilisation libérale (ce que le médiocre Bertrand Delanoë avoua un jour maladroitement en se disant libéral).

« (…) cette Gauche moderne, ou libérale-libertaire, qui contrôle désormais à elle seule l'industrie de la bonne conscience » est en effet le véhicule adapté pour forger l'infrastructure psychologique et imaginaire d'un monde libre et moderne, i.e. composé d'atomes toujours mobiles qui « vivent sans temps morts et jouissent sans entraves ».

 

 

Après « l'impasse Adam Smith », qui était le versant "sciences économiques"de son analyse, Michéa a creusé le sillon pour en proposer ce mois-ci le versant "sciences politiques". C'est du moins ce qui ressort des articles cités ci-dessus. En somme, rien de neuf.

Mais pour ceux qui voudraient plonger, nous signalons que la lecture de Michéa s'apparente au butinage sur la Toile, puisque l'auteur renvoie en permanence les anagnostes modernes dans les notes de bas de page ou les scolies : de cette partie de flipper faiblement philosophique, ils en sortent forcément secoués, à défaut d'être impressionnés.

 

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : Michéa n'a vraiment pas tort lorsqu'il écrit : « Les moines-soldats du libéralisme moderne – les Minc, les Attali, et autres Sorman – n'ont jamais ajouté aucune idée véritablement nouvelle à ce vieil évangile. En tout cas, rien qui soit philosophiquement postérieur à ce que l'on trouve déjà au XIXe siècle, dans les œuvres très médiocres d'un J.B. Say ou d'un F. Bastiat. » (p.37)

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 07:10

 

En janvier 2011, les éditions Phébus sortaient le roman « Paradis inhabité » (288 pages, 21 €) de l'écrivain espagnol Ana Maria Matute.

Pour le lecteur, ce fut presque l'enfer …

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 09:11

 

Puisque le temps qui passe inexorablement lamine nos châteaux en Espagne, et même plus, il agit aussi sur les personnages centraux d'Alicia Giménez Bartlett dans « un vide à la place du coeur » (titre original « nido vacio » ; Rivages Noir, octobre 2010, 434 pages, 10,50 €).

 

Avec Petra Delicado et son adjoint Garzón, nous plongeons dans la noirceur de la réalité sociale, déprimante si vous n'avez pas les défenses immunitaires ad hoc. Mais parallèlement à l'intrigue, toujours finement ciselée, l'auteur nous gratifie d'une réflexion sur le mariage. La leçon est profitable, du moins aux protagonistes.

 

Ne boudons pas notre plaisir : encore du bel ouvrage !

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 07:29

En mai 2009, nous avions raillé les travaux de Philippe Aghion, une sorte de caricature de l’économiste français.

http://www.alexandreanizy.com/article-31995702.html

Comme cet enseignant-chercheur qui se dit de gauche est en pleine promotion d’un essai ("tonique" selon le Nouvel Observateur…), il convient de repositionner le bonhomme à sa juste place.

 

Pour quelqu’un qui prétend repenser l’Etat, la banalité de ses priorités économiques est consternante :

« Ce que nous proposons, c’est un Etat économe qui agit du côté de l’offre, cible ses investissements vers les domaines les plus porteurs de croissance [nous n’échappons pas au concept fumeux de "l’économie de la connaissance", ndAA] et conditionne ses investissements publics à la mise en place de bonnes règles de gouvernance. » (in Nouvel Observateur du 15 septembre 2011)

On croirait entendre une déclaration indigente de Christine Lagarde, l’ex incompétente ministre de l’économie retournée dans ses pénates.  

 

Et lorsque cet homme de droite déclare que 

« La gauche française à vocation à réformer l’Etat pour le mettre aux normes de justice et d’impartialité qui prévalent chez nos voisins européens les plus avancés. » (idem),

il faut traduire ainsi : la mission de la gauche PSUMP est de dégraisser l’Etat. Mais n’est-ce pas le projet politique de la bande à Sarkozy Nagy Bocsa ? En réalité, Philippe Aghion est un cynique : il sait que le dépeçage sera plus facile et plus profond lorsqu’il sera opéré sous le masque du radical-socialisme. Comme le capitalisme français (sans capitaux) a été transformé pour son plus grand bien en 1981 sous l’impulsion du francisquain Mitterrand.

 

« Il faut tourner la page de la social-démocratie de la consommation et de la redistribution pures pour ouvrir celle, proposée dans ce livre, d’une social-démocratie de l’investissement et de l’innovation. » (ibidem)

En fait, ne pas ouvrir ce livre insignifiant est le bon geste.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 00:34

En août, une lectrice a pris Joseph Macé-Scaron la plume dans le pot de confiture : les intellectuels surmenés ou fainéants doivent maintenant savoir que la méthode du copier – coller est obsolète, que le maquillage de l'intertextualité ne leurre même plus les gogos. Le plus étonnant dans cette histoire de médiocrité, c'est que cette révélation soit arrivée sur la place publique.

 

Chers internautes rions, une nouvelle fois pour nous, des petites bassesses de Macé-Scaron. (ah ! son acte tardif de contrition...)

 

Le 13 janvier 2009, nous avons publié ici-même une note titrée "Mourir d'ennui pour Dantzig ?"

( http://www.alexandreanizy.com/article-26717251.html )

Quelques temps après, nous tombons sur la chronique de JMC dans Marianne, l'hebdomadaire de la morale et de la vertu républicaine qui semble les mettre en veilleuse ces jours-ci. Quelle coïncidence ! Nous décidons alors d'envoyer la lettre ironique ci-dessous.

 

SCAN0926.JPG

 

 

 

Et nous reçûmes le courriel ci-dessous.

 

SCAN0925

 

Cette réponse, que le roitelet des lettres Joseph Macé-Scaron n'était pas tenu de faire, souligne le sentiment d'impunité qui trottait dans le crâne du caméléon du Marais, dont l'arrogance du tricheur jouisseur n'est que le corollaire.

Ainsi roule la France moisie.

 

 

Alexandre Anizy


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes générales
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Bio et Roman

 

Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

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