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notes culturelles

Petit bémol pour Jacques Marseille

Publié le par Alexandre Anizy

La mort de Jacques Marseille a marqué beaucoup d'esprits dans les salles parisiennes de rédaction, si on se fie au nombre d'hommages rendus. Nous nous associons évidemment aux louanges concernant l'historien, élève de Jean Bouvier (auteur d'un travail remarquable sur la « Naissance d'une banque : le crédit lyonnais » - Flammarion, 4ème trimestre 1968, 382 pages), dont il prendra la succession à la chaire d'histoire économique et sociale de la Sorbonne.


Jacques Marseille était un excellent historien dont les articles de presse avaient aussi le mérite de bousculer les certitudes établies. Pour le fond idéologique, nous n'avons pas attendu aujourd'hui pour railler le professeur : lire notre note prémonitoire (sur la crise et les banques) du 12 novembre 2007

http://www.alexandreanizy.com/article-7244247.html ,

et celle du 26 août 2008

http://www.alexandreanizy.com/article-22253855.html .


Nous n'avons pas l'intention d'imiter ici le colonel von Warronigg à la fin du récit « enterrement à Thérésienbourg » de Miroslav Krleža (éditions Ombres, septembre 1994, 89 pages, 49 FRF), mais simplement d'apporter un bémol dans ce déluge d'éloges.

Il se trouve que nous avons suivi un cours de Jacques Marseille à l'université de Paris 8 (sans lui, nous n'aurions jamais lu Agricol Perdiguier, « Mémoires d'un compagnon » - éditions François Maspéro, 3ème trimestre 1977, 419 pages) : comme enseignant, en ce lieu et à ce moment-là, il n'impressionnait ni par le talent, ni par la passion pédagogique.



Alexandre Anizy

 

Un Djian sans incidence

Publié le par Alexandre Anizy

Comme il y avait longtemps que nous n'avions pas pris une dose de style par l'entremise de Philippe Djian, nous décidâmes d'avaler la dernière œuvre de ce romancier talentueux.

Lire notre note précédente :

http://www.alexandreanizy.com/article-6876006.html


Dans « incidences » (Gallimard, février 2010, 233 pages, 17,90 €), tout est là, comme d'habitude : l'ambiance, le rythme. Prenons l'incipit :

« S'il y avait une chose dont il était encore capable, à cinquante-trois ans, par un grand soir d'hiver que blanchissait la lune et après avoir bu trois bouteilles d'un vin chilien particulièrement fort, c'était d'emprunter la route qui longeait la corniche le pied au plancher. »

Comparons à l'intro de « maudit manège » (éditions Bernard Barrault, mars 1986, 386 pages, 78 FRF) :

« Un soir, environ cinq ans après la mort de Betty, j'ai bien cru que ma dernière heure venait d'arriver. Et Dieu sait que je m'attendais pas du tout à ça. »

Mais le Djian débutant n'aurait pas écrit un truc de ce genre :

« Maintenant, il connaissait la douceur. Il savait désormais ce qu'une femme avait à offrir, au-delà du sexe. Il était au courant, désormais. Il se sentait apaisé. » (incidences, p.215)


Allez-y, plongez dans la faille du dernier des Djian.



Alexandre Anizy

 

La convocation ennuyeuse d' Herta Müller

Publié le par Alexandre Anizy

Issue d'une riche famille allemande du Banat expropriée par les communistes, avec un père ayant combattu dans la Waffen-SS, on comprend sans difficulté l'ardente combativité d'Herta Müller contre le régime pourri du dictateur roumain Nicolae Ceausescu. Cet écrivain n'ignore rien des saloperies de la Securitate.


Dans son roman « la convocation » (Métailié, février 2001, 208 pages, 18 €), elle veut nous décrire les tracas d'une rebelle dans les Carpates. Malheureusement, elle ne parvient pas à nous intéresser, tant son propos nombriliste d'une sécheresse étonnante semble vagabonder au gré de son humeur et de ses associations d'images.

Bref, on s'ennuie beaucoup et on cherche en vain la poésie d'Herta Müller.


Dès qu'elle a retrouvé sa mère patrie, Herta Müller a été choyée par les jurys littéraires ou autres : quasiment une breloque tous les deux ans. Un peu comme les chercheurs dont la réputation ne grandit qu'en fonction du nombre d'articles et autres communications publiés, indépendamment de leurs authentiques originalités, la renommée d'Herta Müller finit par atteindre le zénith : le prix Nobel en 2009.

Grand bien lui fasse !



Alexandre Anizy

 

 

 

 

Du milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy : sources bidon, concepts bidon

Publié le par Alexandre Anizy

Après son explosion en plein vol médiatique à cause d'une « boulette atomique » incrustée dans son dernier produit frelaté, l'obscène milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy voit venir la deuxième vague de son plan médias, comme nous l'annoncions la semaine dernière :

http://www.alexandreanizy.com/article-le-milliardaire-philosophe-bernard-henri-levy-optimise-sa-couverture-mediatique-44493553.html .


Cela commence dès le lundi soir par un plaidoyer de l'ex papesse du Monde des livres, Josyane Savigneau, qui ne refuse rien aux faiseurs de la scène intellectuelle germanopratine. Son article est un bon exemple de la méthode pernicieuse du quotidien vespéral.

Résumons son propos : Normalien agrégé de philosophie, le penseur Bernard-Henri Lévy serait-il, « et pas toujours contre son gré », «  l'otage de BHL, riche héritier et star médiatique » ? Après un passage, construit autour de citations du faiseur, voulant accréditer l'idée d'un travail philosophique sérieux, mais qui ne dit rien sur « la fâcheuse erreur », Savigneau dit qu'elle « (…) a eu le sentiment que BHL, avec ses relations, ses réseaux, sa volonté de puissance, avait agi, au lieu de laisser la pensée de Bernard-Henri Lévy s'imposer ».

Suit un aperçu du bombardement médiatique.

Puis vient le moment d'aborder le vrai sujet : « Parallèlement, un fâcheux incident s'est produit. Le site littéraire du Nouvel Observateur, Bibliobs, a révélé que (…) s'appuyait sur un auteur fictif, Botul. »

Ce qui est vraiment fâcheux pour Savigneau du Monde, ce n'est pas qu'un intellectuel use d'une source bidon dans une argumentation philosophique, c'est qu'un site littéraire ait découvert le pot aux roses.

Le reste du plaidoyer : on s'attaque à cette malencontreuse erreur pour discréditer un penseur, pour ne pas le lire … « Cela s'appelle la haine de la pensée » (BHL, cité par Savigneau) (C'est d'ailleurs la trouvaille de la journaliste : user des mots de BHL pour défendre BHL)



Pour nous, Madame Savigneau, le Normalien agrégé a depuis longtemps oublié ce qu'était un travail intellectuel. Aujourd'hui, il en arrive à discuter philosophiquement avec des penseurs inexistants (mais a-t-il lui-même réellement lu le livre canular sur Botul ? Une bonne question si on est un vrai journaliste), ou bien à bidonner un reportage (« choses vues dans la Géorgie en guerre », dans le Monde du 19 août 2008 … et la polémique qui suivit). Quelle pitié !


Car l'obscène milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy se prétend aussi un guerrier, qui se bat « pour réintroduire de la morale dans cette jungle qu'est le néocapitalisme », notamment avec « ce qu'on appelle là-bas [les USA] la philantropie et qui est une autre version de nos idéaux redistributifs ».

Comme l'a souligné Maurice Ulrich, « La guerre en philosophie ramenée à une pratique de dames patronnesses (...) ».

Apparemment, ce serait aussi la réponse du milliardaire philosophe à la question sociale : le futur est un retour au XIXème siècle …



En conclusion, nous disons que nous avons trouvé, il y a longtemps, une réponse simple et honnête à la question suivante : pourquoi faut-il ignorer les produits griffés par le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy ?

Parce que, comme disent les industriels américains (BHL adooore les Etats-Unis …), « Shit in, shit out ».



Alexandre Anizy


P.S 1 : comme « il faut sauver le guerrier Lévy », vont prochainement apparaître à la une, à l'écran, à la radio, tous les affidés (comme les scribouillards de la revue « la règle du jeu » appartenant au riche BHL – comme dirait Savigneau), tous les ex GP devenus néocons, etc.


P.S 2 : nous avons appris que Nicolas Domenach (de Marianne) et Christophe Barbier (de l'Express) soutiennent BHL contre ceux qui lui cherchent des poux pour une fâcheuse erreur … Ces 2 journalistes, qui ont interviewé le « penseur » à l'occasion de la sortie du produit frelaté, n'avait rien remarqué à la lecture (mais l'ont-ils lu ?), de sorte qu'ils pensent peut-être qu'ils ne peuvent pas agir autrement sans risquer de perdre la face … Où va se nicher l'éthique professionnelle ?

 

Sur le changement, trois vers de Ludwig Tieck

Publié le par Alexandre Anizy

Concernant le changement, d'une manière générale, si de l'extérieur peut surgir l'étincelle, on peut penser comme le poète allemand Ludwig Tieck :


« Von außen nichts sich je erneut,

In dir trägst du die wechselnde Zeit,

In dir nur Glück und Begebenheit. »


Ainsi traduit :


« Rien ne se renouvelle du dehors,

C'est en toi que tu portes le temps de changement,

En toi, le bonheur, en toi l'événement. »


(Ludwig Tieck, les 3 derniers vers du poème le temps)



Alexandre Anizy

 

Retour au vide léger de Nicolas Rey

Publié le par Alexandre Anizy

Tous les amis du milieu littéraire se seraient-ils passés le mot : il faut sauver le Nicolas Rey ! Et c'est ainsi qu'il engrange moultes critiques, papiers et interviews, pour son dernier roman, « un léger passage à vide » (éditions au Diable Vauvert, janvier 2010, 182 pages, 17 €).


L'ouvrage ne méritait pas cette débauche de copinage. La distanciation ironique de l'auteur ne peut pas bonifier un tombereau de niaiseries juvéniles, et le style ne nous épargne pas.


« Deux heures plus tard, ma chambre fait neuf mètres carrés. Les murs sont de couleur orange. Un Martiniquais me demande si j'ai des médicaments dans mes bagages. Ouais, je fais, vous voulez quoi ? » (p.65)


« Ils ont transporté Anaïs de mon immeuble jusqu'à son pavillon de petite fée. Je suis descendu fumer une cigarette. Les vieilles de mon étage m'ont regardé comme si j'étais un ogre pasolinien volage et forcené. Dehors, j'ai compris que même les dingues jugeaient que je tournais mal. Alors que non. » (p.97)


Pas folichon, n'est-ce pas ?

Si ça lui chante, Nicolas Rey peut bien reprendre ses beuveries en lignes : son absence ne nous gênera pas.



Alexandre Anizy

 

La milliardaire réactionnaire Elisabeth Badinter optimise sa couverture médiatique

Publié le par Alexandre Anizy

Les riches « belles âmes » (selon le mot de Raymond Aron) se bousculent au portillon. Au cours du week-end passé, ce fut un véritable déluge promotionnel qui s'abattit sur les lecteurs des magazines et des journaux. Franchement, un minimum de concertation améliorerait le plan médias de la pseudo-élite, et par conséquent ses retombées … Dans une note précédente, nous évoquions celui du maître ès propagande, à savoir l'obscène Bernard-Henri Lévy ; voyons aujourd'hui celui de la milliardaire réactionnaire Elisabeth Badinter (non exhaustif, forcément) :

Express (1 page)

Nouvel Observateur (2 pages)

Libération (2 pages)

Point (4 pages)


Quand cette héritière publie un livre, les colonnes de la presse lui sont immédiatement ouvertes. Le cas qui nous occupe aujourd'hui concerne sa dernière production, où elle repartirait au combat (de salon, rassurez-vous) contre les écologistes (ces adorateurs de Dame Nature), contre les féministes qui ne pensent pas comme elle, contre les adeptes du lien charnel et de l'attachement mammifère, si l'on en croit Emilie Lanez du Point.

Bref, rien de nouveau dans le crâne de Mme Badinter.


Ce que nous pensons de cette dame ? Un être profondément réactionnaire, prônant la possibilité d'avoir des enfants grâce à une location de ventre (la fameuse gestation pour autrui – GPA), comme les bourgeoises des temps jadis mettaient leurs progénitures en nourrice …


Bien sûr, la riche héritière Elisabeth Badinter n'a pas la puissance de feu médiatique du dandy égocentrique qui se croit un guerrier. Néanmoins, sa surface financière personnelle et surtout le poids économique de son entreprise dirigée par Maurice Lévy font qu'il serait probablement difficile de résister à une éventuelle suggestion de la grande bourgeoise féministe, quand on est un organe de presse ayant 30 % de ses recettes issues de la publicité.

Mais elle est quand même devenue une intellectuelle choyée des médias, à défaut d'être entendue.



Alexandre Anizy

 

Le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy est obscène

Publié le par Alexandre Anizy

Intervenant dans le champ politique comme un homme de gauche « en guerre » contre les totalitarismes, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy nie être un acteur financier du capitalisme mondialisé. Cette posture d'écrivain immaculé est tout bonnement obscène, comme nous le montrons dans notre note

http://www.alexandreanizy.com/article-le-milliardaire-philosophe-bernard-henri-levy-optimise-sa-couverture-mediatique-44493553.html .


On pouvait encore lui accorder le crédit minimum lorsqu'il se présentait dans le champ intellectuel. A notre avis, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Des lecteurs privilégiés du dernier livre (« De la guerre en philosophie ») ont pu découvrir en page 122 que, pour appuyer une démonstration sur Kant, le philosophe Lévy cite un ouvrage de Jean-Baptiste Botul, un auteur qui n'existe pas … Autrement dit, BHL n'accomplit même pas un travail intellectuel sérieux, à savoir par exemple des sources vérifiées et lues de préférence …

Autre hypothèse : il serait lui aussi victime d'une fiche de lecture bâclée par un sous-traitant négligeant, comme son ami Alain Minc ?



Ainsi, que ce soit dans le champ politique ou dans le champ intellectuel, force est de constater que le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy est obscène.



Alexandre Anizy

 

Le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy optimise sa couverture médiatique

Publié le par Alexandre Anizy

Comme à chaque fois qu'il lance un nouveau produit sur le marché, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy a soigné son plan médias en ne mégotant pas sur la masse :

Marianne (7 pages + 1 photo pleine page),

Express (3 pages + 1 photo pleine page),

Figaro du samedi (1 page avec portrait, entamée par une publication officielle des résultats de LVMH -sur 40 % de l'espace),

le Point (2 pages + 1 photo pleine page),

Journal du Dimanche (1 page - avec photo portrait-, entamée par une publicité pour le journal la Tribune – 25 % de l'espace).

Le narcissisme de cet héritier (son père André Lévy a fait fortune dans le bois – la société Becob-, notamment grâce à l'exploitation des forêts africaines) se vérifie une nouvelle fois.


Dans ce bombardement médiatique, signalons furtivement l'hommage de l'écri-nain pipole Christine Angot : plus une commande qu'un acte gratuit, n'est-ce pas ? Mais surtout l'entretien avec les gens de Marianne qui ont ébranlé le discours simpliste et racoleur du milliardaire philosophe, au point de l'acculer à cette défense pleine de morgue :

« Marianne : Modestie ou habileté pour s'abstraire d'un débat sur le capitalisme financier qui ne vous est pas étranger comme investisseur ? Vous vous êtes ainsi caché, il n'y a pas si longtemps, derrière une citation d'Althusser pour dire que « l'économie n'existe pas ». N'est-ce pas une défausse un peu obscène de vivre de l'économie et de dire qu'elle n'existe pas parce qu'un intellectuel communiste [Louis Althusser, ndAA] a fait un bon mot qui n'a avancé personne ?

Bernard-Henri Lévy : C'est votre insistance qui devient un peu obscène, vous ne trouvez pas ? Je suis un écrivain. Pas un investisseur.

Marianne : Un acteur du capitalisme financier ?

B-H. L. : Non plus. » etc.

(un entretien percutant : dans une presse ronronnante, voire servile, cela mérite d'être salué)

Pour nous, ce qui est obscène, c'est le rentier Lévy qui prétend ne pas être acteur du capitalisme financier, alors qu'il gère aussi ses affaires :

«  « (…) l'essentiel de son argent n'est pas en France ... » Mais alors où ? Tous les mois, BHL se rend en Grande-Bretagne. Il disparaît 48 heures pour retrouver ses gérants dans le salon d'un grand hôtel londonien. Là, il fait le point sur ses investissements, règle les urgences et délivre ses ordres. On peut estimer que 75 % de sa fortune est gérée de Grande-Bretagne, ce qui lui procure un redoutable système d'optimisation fiscale. De source anglaise, une autre partie de ses investissements est également gérée d'un autre pays de la communauté européenne. Ce serait, estiment certains, probablement le Luxembourg. » (enquête de Christian Moguérou dans VSD du 7 octobre 2004)

Devons-nous rappeler que Londres est pour certains un paradis fiscal, et pour beaucoup le point d'entrée vers les places offshore paradisiaques ?


Nous ne discuterons pas ici du fond, puisqu'il est sans intérêt. Seule la méthode du maître ès propagande doit être mise en évidence : dans le Monde Diplomatique de janvier 2010, Pierre Rimbert la présente intégralement dans un article titré « l'homme qui ne s'est jamais trompé », une litote digne du petit penseur très partisan.



Alexandre Anizy


P.S : en 2ème semaine, il faudra s'attendre à la 2ème vague du plan, à savoir les articles des amis (la liste des affidés étant longue, elle offre une palette de couleurs et de consistances utile pour nourrir une éventuelle polémique nécessaire pour la renommée)

 

"Voici le temps des imposteurs" de Gilbert Cesbron

Publié le par Alexandre Anizy

Si « Voici le temps des imposteurs » n'est pas le meilleur roman de Gilbert Cesbron, il est sans doute le plus critique. En effet, on peut y lire la description sans tabous (une concession ironique à la mode verbale) du monde cynique de la presse : commencer par la prise de pouvoir grotesque au journal collaborationniste le Soir, par trois Résistants quasi débutants, situe d'emblée le problème.

Bien sûr, le style sobre et incolore ne vous marquera pas. Mais il a au moins le mérite de la justesse.

« Et voici qu'au lendemain des journées d'août [1944, ndAA], parée de la victoire des autres et se baptisant « peuple », cette foule arrogante et veule instituait ses tribunaux populaires et réclamait la mort du vieux souverain qu'elle avait idolâtré. Les soldats étaient repartis, les héros se tenaient à l'écart et, pour se justifier à leurs yeux, les lâches donnaient la chasse à plus lâches qu'eux. » (p.58 de l'édition 1974 du Service Culturel de France, empruntée à la bibliothèque municipale)

En lisant ce passage, nous pensons à Alphonse Boudard (« les combattants du petit bonheur »; en poche) : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-15357832.html .


Dans cet ouvrage de Cesbron, on voit une peinture au vitriol des ambitions marchandes et morales du milieu de la presse, à travers des personnages inspirés par des monstres sacrés comme Pierre Lazareff ou Daniel Filipacchi. On est loin de la vénération que leur porte Philippe Labro dans son bouquin « un début à Paris » (Gallimard, 1994, 349 pages, 125 FRF) : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-27601174.html .


Alors qu'il était populaire, i.e. un gros vendeur, après la parution de ce livre en 1972 la visibilité de Gilbert Cesbron dans les médias n'était plus comparable à celle d'autrefois, quand il se contentait d'être un écrivain catholique sensible aux réalités sociales : était-ce une mesure de rétorsion immédiate ?


Quoi qu'il en soit, le mal dénoncé par Gilbert Cesbron est fait : pire, les choses se sont agravées, puisque les médias forment un rouage essentiel de la formation de l'opinion publique dans la société du spectacle. C'est pourquoi la presse actuelle, qui ressemble de plus en plus à la Cour de Versailles où des courtisans de toutes sortes vivaient au crochet de l'Etat ou se ruinaient pour en être, est maintenant investie par les rejetons de l'aristocratie.



Alexandre Anizy