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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 06:35

Après son explosion en plein vol médiatique à cause d'une « boulette atomique » incrustée dans son dernier produit frelaté, l'obscène milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy voit venir la deuxième vague de son plan médias, comme nous l'annoncions la semaine dernière :

http://www.alexandreanizy.com/article-le-milliardaire-philosophe-bernard-henri-levy-optimise-sa-couverture-mediatique-44493553.html .


Cela commence dès le lundi soir par un plaidoyer de l'ex papesse du Monde des livres, Josyane Savigneau, qui ne refuse rien aux faiseurs de la scène intellectuelle germanopratine. Son article est un bon exemple de la méthode pernicieuse du quotidien vespéral.

Résumons son propos : Normalien agrégé de philosophie, le penseur Bernard-Henri Lévy serait-il, « et pas toujours contre son gré », «  l'otage de BHL, riche héritier et star médiatique » ? Après un passage, construit autour de citations du faiseur, voulant accréditer l'idée d'un travail philosophique sérieux, mais qui ne dit rien sur « la fâcheuse erreur », Savigneau dit qu'elle « (…) a eu le sentiment que BHL, avec ses relations, ses réseaux, sa volonté de puissance, avait agi, au lieu de laisser la pensée de Bernard-Henri Lévy s'imposer ».

Suit un aperçu du bombardement médiatique.

Puis vient le moment d'aborder le vrai sujet : « Parallèlement, un fâcheux incident s'est produit. Le site littéraire du Nouvel Observateur, Bibliobs, a révélé que (…) s'appuyait sur un auteur fictif, Botul. »

Ce qui est vraiment fâcheux pour Savigneau du Monde, ce n'est pas qu'un intellectuel use d'une source bidon dans une argumentation philosophique, c'est qu'un site littéraire ait découvert le pot aux roses.

Le reste du plaidoyer : on s'attaque à cette malencontreuse erreur pour discréditer un penseur, pour ne pas le lire … « Cela s'appelle la haine de la pensée » (BHL, cité par Savigneau) (C'est d'ailleurs la trouvaille de la journaliste : user des mots de BHL pour défendre BHL)



Pour nous, Madame Savigneau, le Normalien agrégé a depuis longtemps oublié ce qu'était un travail intellectuel. Aujourd'hui, il en arrive à discuter philosophiquement avec des penseurs inexistants (mais a-t-il lui-même réellement lu le livre canular sur Botul ? Une bonne question si on est un vrai journaliste), ou bien à bidonner un reportage (« choses vues dans la Géorgie en guerre », dans le Monde du 19 août 2008 … et la polémique qui suivit). Quelle pitié !


Car l'obscène milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy se prétend aussi un guerrier, qui se bat « pour réintroduire de la morale dans cette jungle qu'est le néocapitalisme », notamment avec « ce qu'on appelle là-bas [les USA] la philantropie et qui est une autre version de nos idéaux redistributifs ».

Comme l'a souligné Maurice Ulrich, « La guerre en philosophie ramenée à une pratique de dames patronnesses (...) ».

Apparemment, ce serait aussi la réponse du milliardaire philosophe à la question sociale : le futur est un retour au XIXème siècle …



En conclusion, nous disons que nous avons trouvé, il y a longtemps, une réponse simple et honnête à la question suivante : pourquoi faut-il ignorer les produits griffés par le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy ?

Parce que, comme disent les industriels américains (BHL adooore les Etats-Unis …), « Shit in, shit out ».



Alexandre Anizy


P.S 1 : comme « il faut sauver le guerrier Lévy », vont prochainement apparaître à la une, à l'écran, à la radio, tous les affidés (comme les scribouillards de la revue « la règle du jeu » appartenant au riche BHL – comme dirait Savigneau), tous les ex GP devenus néocons, etc.


P.S 2 : nous avons appris que Nicolas Domenach (de Marianne) et Christophe Barbier (de l'Express) soutiennent BHL contre ceux qui lui cherchent des poux pour une fâcheuse erreur … Ces 2 journalistes, qui ont interviewé le « penseur » à l'occasion de la sortie du produit frelaté, n'avait rien remarqué à la lecture (mais l'ont-ils lu ?), de sorte qu'ils pensent peut-être qu'ils ne peuvent pas agir autrement sans risquer de perdre la face … Où va se nicher l'éthique professionnelle ?

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 00:20

Certains peuples ont beau avoir réussi à exprimer leurs rejets de cette Europe passoire, alors que d'autres ne le pouvaient même pas, les scribes dociles et serviles du fédéralisme attisent les feux pour accélérer la fuite en avant suicidaire. Démonstration dans le dernier éditorial de Christophe Barbier, qui feint de s'indigner pour mieux vendre le « jusqu'au boutisme ».



Première cible : il profite de la crise grecque pour vilipender les banquiers qui, « après que la manne publique a renfloué leurs boutiques, se retournent contre les Etats et spéculent avec les hedge funds contre ceux-là mêmes qui les ont sauvés ».

Encore pire ! Au moment où il écrit son éditorial, Christophe Barbier ne sait pas encore que la banque américaine Goldman Sachs a aidé la Grèce en 2001 à dissimuler l'ampleur de sa dette grâce à des produits financiers complexes. Prix de la prestation : 220 millions d'euros de commissions.


Deuxième cible : il assène qu' « il faut mettre hors d'état de nuire » les agences de notation, « arrogantes officines qui distribuent ou retirent les « triples A » aux entreprises et aux nations comme s'ils s'agissait d'andouillettes », peut-être même à la tête du client puisque leurs raisonnements sont illogiques comme nous l'avons démontré avec Moritz Kraemer de chez Standard & Poor's

( lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-mauvaise-note-pour-moritz-kraemer-de-standard-poor-s-44167373.html ),

alors qu'elles ont révélé leur incompétence en continuant, la veille de la crise des subprimes, à noter excellemment des produits financiers pourris.


Troisième cible : « La vérité, c'est que les Etats-Unis et la Chine, pour mieux asseoir leur condominium, accusent l'Europe de freiner le redémarrage de l'économie européenne. (…) Derrière la monnaie et les marchés, une civilisation est visée, pour laquelle la solidarité compte autant que la performance. » Diantre !


Attention car voici le clou du spectacle : tout ceci est possible parce qu'il n'y a pas d'Europe politique et économique. (Pour la démonstration, il faudra repasser...) Par conséquent, « une révolte est nécessaire. Révolte de la France et de l'Allemagne, pour reprendre le pouvoir dans une Union diluée. Révolte de tous les Etats contre une Banque centrale trop passive, accrochée aux règles plus qu'aux réalités, qui subit une baisse de l'euro qu'elle aurait dû piloter depuis longtemps (…) Révolte, enfin, contre la Commission Barroso II (…) et contre le tandem des ectoplasmes, Herman Van Rompuy et Catherine Ashton (...) »


S'il travaillait un peu plus ses papiers, on finirait peut-être par croire à la sincérité de Christophe Barbier.



Alexandre Anizy


P.S : c'est au moment où Christophe Barbier lance un cri de liberté dans son magazine conservateur, qu'il prend soin d'ôter son écharpe rouge sur son portrait, où il apparaît en veste et chemise blanche (col fermé), sans cravate (concession à la bohème ?) : à défaut de révolte, la communication permanente !

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 06:45

Concernant le changement, d'une manière générale, si de l'extérieur peut surgir l'étincelle, on peut penser comme le poète allemand Ludwig Tieck :


« Von außen nichts sich je erneut,

In dir trägst du die wechselnde Zeit,

In dir nur Glück und Begebenheit. »


Ainsi traduit :


« Rien ne se renouvelle du dehors,

C'est en toi que tu portes le temps de changement,

En toi, le bonheur, en toi l'événement. »


(Ludwig Tieck, les 3 derniers vers du poème le temps)



Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 00:24

Comme nous l'avons déjà exprimé, la construction européenne repose sur un malentendu, spécialement du côté français : lire notamment la note

http://www.alexandreanizy.com/article-24166795.html


Jeudi dernier, lors du sommet européen consacré à la situation de la Grèce, l'Allemagne, fidèle à sa vision politique, a refusé une nouvelle fois la constitution d'un gouvernement économique de la zone euro. Selon un haut responsable européen au quotidien britannique the Guardian, « l'Allemagne appuie complétement sur la pédale de frein en ce qui concerne l'aide financière [à la Grèce, ndAA] », « pour des raisons juridiques et par principe ».


Il faut ajouter les raisons économiques, que Christian Saint-Etienne, dont nous apprécions peu les jugements de valeur (c'est rien de le dire : voir notre note du 12 mai 2008 http://www.alexandreanizy.com/article-19486954.html ), résume bien :

« Ensuite l'Allemagne, menant une politique de désinflation salariale compétitive au sein de la zone euro, affaiblit ses partenaires en croquant des pans entiers de leur demande intérieure, tout en les empêchant d'exporter chez elle par manque de demande intérieure. Que ce choix soit suicidaire pour l'Allemagne elle-même à moyen terme ne retient pas ce pays d'accentuer sa politique, fasciné qu'il est par l'incapacité de la France et de l'Italie à réagir alors que, sans forcer le trait, il dépèce ces pays à vif. » (dans le Monde du 5 février 2010)

Concernant la Grèce, 65 % environ de sa dette serait détenu par 3 grandes banques internationales, dont la Deutsche Bank.


Si on comprend l'embarras du gouvernement allemand (ses contribuables engraisseraient leur banque via les caisses de l'Etat grec ...), on devine aussi que rien ne changera dans le « machin bruxellois ».



Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 00:58

Tous les amis du milieu littéraire se seraient-ils passés le mot : il faut sauver le Nicolas Rey ! Et c'est ainsi qu'il engrange moultes critiques, papiers et interviews, pour son dernier roman, « un léger passage à vide » (éditions au Diable Vauvert, janvier 2010, 182 pages, 17 €).


L'ouvrage ne méritait pas cette débauche de copinage. La distanciation ironique de l'auteur ne peut pas bonifier un tombereau de niaiseries juvéniles, et le style ne nous épargne pas.


« Deux heures plus tard, ma chambre fait neuf mètres carrés. Les murs sont de couleur orange. Un Martiniquais me demande si j'ai des médicaments dans mes bagages. Ouais, je fais, vous voulez quoi ? » (p.65)


« Ils ont transporté Anaïs de mon immeuble jusqu'à son pavillon de petite fée. Je suis descendu fumer une cigarette. Les vieilles de mon étage m'ont regardé comme si j'étais un ogre pasolinien volage et forcené. Dehors, j'ai compris que même les dingues jugeaient que je tournais mal. Alors que non. » (p.97)


Pas folichon, n'est-ce pas ?

Si ça lui chante, Nicolas Rey peut bien reprendre ses beuveries en lignes : son absence ne nous gênera pas.



Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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