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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 10:44

 

Deux auteurs de polars, Dominique Manotti et Doa, dont nous avons déjà évoqué les qualités indéniables, ont écrit à 4 mains « l'honorable société » (Gallimard, collection Série Noire, bouquinel de 332 pages), en plaçant en exergue cette citation de Karl Marx :

« Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d'abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l'intérêt général. » L'idéologie allemande

Force est de constater qu'ils étaient ambitieux.

 

Ils racontent une histoire qui débute par un cambriolage, qui vire au meurtre sous les yeux horrifiés de pirates informatiques mal intentionnés pour la bonne cause, une action ordinaire des luttes économiques impitoyables, surtout quand elles tournent autour du nucléaire puisque la raison d’État s'en mêle, quand la France est en train de succomber aux postures putassières d'un candidat – qui n'a jamais beaucoup travaillé, lui – à l'élection présidentielle.

 

L'intrigue est habile et le style se veut mordant, efficace (à l'américaine ?).

« Le studio est grand, aéré, au dernier étage d'un vieil immeuble parisien, au fond d'une cour. Les deux fenêtres sont ouvertes. Dehors, les toits et, ici et là, les échos de télés en sourdine. (…) Trois jeunes sont là. » (p.7)

 

Mais patatras ! La fin, du fait de son improbabilité (l'ex future Première Dame en amour avec le flic raté sur la plage ensoleillée … du grand n'importe quoi !), disqualifie le projet d'une peinture sociale sous-jacente.

Manotti & Doa, ou l'art de s'autodétruire dans la chute.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 06:19

 

Ayant à faire un court voyage, nous achetâmes un petit polar de Camilla Läckberg : « cyanure » (Actes sud, novembre 2011, 157 pages, 16,80 € ; traduction de Lena Grumbach).

 

C'est un huis clos au large de Fjällbacka : un richissime Suédois meurt empoisonné au cours d'un repas familial, juste après avoir débiné ses rejetons, en présence d'un policier invité qui devra mener seul l'enquête puisque l'île est coupée du monde à cause d'une tempête.

 

Ça se lit facilement, sans déplaisir, mais on est surpris de trouver chez un éditeur ambitieux un texte empli de trivialités consternantes, comme par exemple :

« Il était persuadé que s'il jetait un coup d'œil derrière ses oreilles, il découvrirait les cicatrices d'un certain nombre d'interventions chirurgicales. Heureusement, il réussit [italiques de AA] à s'en abstenir. » (p.14)

 

« Il se laissa tomber dans un fauteuil et enfouit le visage entre ses mains. On aurait pu entendre une mouche voler dans la pièce alors que tous l'observaient. » (p.54)

 

Nous arrivâmes à destination sans encombre et sans avoir atteint les sommets du genre policier.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 01:18

 

Quel plaisir de lire le nouvel ouvrage du professeur Michel Beaud ! En effet, la rigueur des raisonnements, la nécessité d'énumérer les faits et les chiffres, la complexité des choses n'ont jamais altéré la qualité de la prose de M. Beaud, faite d'élégance des mots et du rythme.

 

« Face au pire des mondes » (Seuil, octobre 2011, bouquinel de 262 pages) est une démonstration de la descente infernale de l'humanité vers la pollution irréversible, un monde pire puisque

« (…) les bases sont déjà en place :

  • l'ultralibéralisme ;

  • un intolérable et injustifiable degré d'inégalités ;

  • le privilège d'irresponsabilité dont bénéficient les puissants ;

  • et la spirale de la consommation sans cesse renouvelée. » (p.181)

 

L'impunité dont jouit déjà l'oligarchie incitera « les dirigeants des grands groupes et des principaux États [a opté] pour des technologies puissantes et centralisées, à la fois hautement rentables pour les groupes et plus faciles à mettre en œuvre, contrôler et utiliser pour maîtriser les populations (…). » (p.182)

Le règne de l'irresponsabilité progresse inexorablement par le truchement d'une "terrifiante pathologie idéologique" (l'ultralibéralisme) :

« Cette tromperie érigée en vérité universelle est l'habillage idéologique de la domination des puissants : un moyen, pour les grandes puissances, de mieux faire accepter l'entrée dans les autres pays de leurs marchandises, de leurs capitaux et de leurs firmes ; pour les grandes firmes, de faire accepter leurs conditions par les petites et moyennes ; et pour les entreprises, de faire accepter l'alourdissement de la pression sur les travailleurs. Sous la bannière de l'ultralibéralisme, la part des revenus du travail a baissé dans le revenu national des grands pays capitalistes. » (p.183)

 

Comme Michel Beaud, nous pensons qu'un sursaut peut encore retourner la situation. Car à leurs façons, les peuples se montrent meilleurs économistes que les experts ânonnant la doxa dans les médias.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 06:28

 

Les 2 familles qui représentent l'oligarchie par alternance depuis 50 ans environ ayant jeté l'éponge après avoir ruiné le pays – non sans calculs sordides pour leurs avenirs -, la Grèce est désormais aux mains de gens qui se disent avant toutes choses des techniciens, quasiment apolitiques mais ayant admis à leur table des gens de l'extrême droite, chargés d'appliquer les mesures prescrites par le FMI, la BCE et les Chefs d’États de l'Europe Allemande.

 

Parce qu'une politique de restriction budgétaire est une aberration dans une économie exsangue,

« Par quel miracle l'austérité généralisée pourrait-elle soutenir l'activité économique ? C'est évidemment le contraire qui se produit. Quand je vois les demandes faites à l'Italie, à la fois de baisser la dette publique à court terme et de pratiquer une politique de croissance … C'est surréaliste. » Jean-Paul Fitoussi (la Tribune du 21 novembre 2011)

leur feuille de route mènera au désastre.

 

A moins d'un sursaut national sous l'égide d'une tête nouvelle qui parviendrait à contenter le peuple tout en ménageant l'oligarchie dont elle serait issue, la classe dominante n'aura plus d'autres choix que de recourir à l'armée pour sauvegarder ses intérêts : un nouveau cycle de 50 ans s'ouvrirait (10 ans de dictature, puis le retour à la démocratie avec les vieilles badernes des mêmes familles politiques … ).

 

Quand on observe les gouvernements de techniciens que les "marchés"imposent en Europe Allemande (notamment l'Italie), la future refonte des Traités qui placeront les États sous la coupe d'eurocrates non élus (la "nouvelle Constitution"n'étant surtout pas validée par un référendum populaire, mais par des parlementaires issus et/ou représentant l'oligarchie), on comprend que l'Europe Allemande est sur le chemin de la servitude, comme nous l'évoquions déjà les 1 et 2 février 2008.

http://www.alexandreanizy.com/article-16193103.html

http://www.alexandreanizy.com/article-16224090.html

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 06:22

 

Qui est vraiment sérieux depuis le début de la crise de la mondialisation ? Les experts qui glosaient sur la crise financière, les résolutions des G20, les plans de sauvetage à répétition … ou bien ceux qui comme nous dénonçaient notamment l'erreur fondamentale de la construction européenne néolibérale.

Relisons nos articles, et particulièrement celui du 2 mai 2010 :

http://www.alexandreanizy.com/article-une-autre-solution-pour-la-grece-suspendre-le-paiement-de-la-dette-publique-sortir-de-l-euro-relocaliser-le-financement-de-l-etat-49647294.html

 

 

Et maintenant, que disent les experts qui n'ont rien prévu depuis 2006, et les décideurs qui n'ont rien compris depuis 20 ans ?

Commençons par Valéry Giscard d'Estaing.

« La décision de faire participer la Grèce à la monnaie unique était une grave erreur. » (Monde du 17 novembre 2011)

Pourquoi le dire seulement aujourd'hui ?

« Retourner à la drachme, c'est faisable, même si c'est sans doute difficile à réaliser. » (idem)

Alors qu'on serine aux oreilles des Européens depuis de longs mois, que ce serait une catastrophe pour l'Union Européenne …

 

Poursuivons avec Martin Wolf, journaliste imprégné de la théorie dominante.

« Sur le long terme, la 4ème et dernière option de M. Roubini paraît la plus probable : soit l'ensemble de la zone euro s'ajuste, soit elle éclate. » (Monde du 15 novembre 2011)

L’Allemagne veut mettre l'Europe au régime drastique, surtout ses partenaires, oubliant (vraiment ?) que c'est « la brutale austérité des années 1930-1932 qui amena Adolf Hitler au pouvoir » (idem).

« Une telle approche contrôlée [le scénario décrit par Wolf n'est pas irréaliste. NDAA] de la réintroduction d'une nouvelle drachme serait la solution la moins coûteuse. Mais elle susciterait la contagion. » (ibidem)

 

Terminons avec le conseil de Paul Krugman (prix Nobel d'économie) à la Grèce : imiter l'exemple argentin de 2001.

 

Qu'a fait l'Argentine ? Défaut sur sa dette publique en 2001, dévaluation du peso. Et retrait des demandes de prêts au FMI (qui n'en revenait pas !). Conséquence : chute de 11 % du PIB en 2002 … puis le pays est sorti peu à peu de l'enfer pour connaître 8 années de croissance à plus de 8 % par an (sauf en 2008 et 2009 – 6,8 % et 0,9 %), il a renégocié sa dette (décote de 75 %) et remboursé d'un coup en 2006 les 10 Milliards de dollars qu'il devait au FMI.

 

 

Mais les décideurs persistent dans l'erreur : la Grèce aux mains d'eurocrates fanatiques va s'enfoncer dans l'horreur économique, voire politique.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

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